Les déchets plastiques déversés dans le lac Kivu et la rivière Ruzizi perturbent de plus en plus le fonctionnement de la centrale hydroélectrique de Ruzizi I, exploitée par la Société nationale d’électricité (SNEL). Selon les responsables de cette infrastructure stratégique, ces déchets obstruent régulièrement les installations et contraignent les équipes techniques à effectuer des opérations fréquentes de nettoyage afin d’éviter des pannes susceptibles d’affecter la fourniture d’électricité au Sud-Kivu et au Nord-Kivu.
L’alerte a été lancée par Liévin Chizungu, chef de Division de la production et du transport de l’énergie électrique à la SNEL. Il explique que les bouteilles en plastique et d’autres déchets solides sont transportés par les eaux de ruissellement vers le lac Kivu avant d’être charriés par la rivière Ruzizi jusqu’aux installations de la centrale.
Selon lui, cette accumulation de déchets compromet le bon fonctionnement des équipements, conçus pour fonctionner avec une eau propre.
« Nous sommes souvent confrontés aux déchets déversés dans le lac qui sont ensuite charriés par la rivière Ruzizi vers la centrale. Nos machines fonctionnent avec de l’eau propre et non une eau surchargée de déchets. Après la pluie du samedi, nous avons travaillé pendant deux jours pour nettoyer le lac », explique Liévin Chizungu.
Ces interventions mobilisent régulièrement les équipes techniques de la centrale et peuvent entraîner un ralentissement temporaire de la production d’électricité. D’après les responsables de la SNEL, certaines machines doivent être progressivement mises à l’arrêt afin de permettre les travaux de nettoyage et d’éviter des dommages sur les installations.
Cette situation représente un défi supplémentaire pour la centrale de Ruzizi I, qui joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement en électricité de plusieurs villes de l’est de la République démocratique du Congo.
Face à cette problématique, la SNEL appelle la population à adopter des comportements responsables en matière de gestion des déchets. L’entreprise insiste sur la nécessité de ne plus utiliser les rivières, les caniveaux et les rigoles comme des dépotoirs.
« Pour le bien de tous, chacun doit garder ses déchets et les déposer dans les endroits appropriés. Le lac, les rigoles et les caniveaux ne doivent pas devenir des dépotoirs publics. Si nous voulons éviter les délestages répétitifs, la discipline dans la gestion des déchets est nécessaire », insiste Liévin Chizungu.
La société rappelle que la protection des cours d’eau constitue un enjeu environnemental mais également énergétique. Une meilleure gestion des déchets contribuerait à préserver les infrastructures hydroélectriques, à réduire les interruptions de service et à garantir une production plus stable d’électricité au bénéfice des populations du Sud-Kivu et du Nord-Kivu.
À travers cet appel, la SNEL invite les habitants, les autorités locales et les organisations engagées dans la protection de l’environnement à renforcer les actions de sensibilisation et de gestion des déchets afin de préserver durablement les ressources en eau et les installations hydroélectriques de la région.
Daniel Mupole, stagiaire sortant U.O.B
