Une recrudescence des cas de choléra est observée dans plusieurs aires de santé de Katana, en territoire de Kabare (Sud-Kivu), suscitant l’inquiétude des autorités sanitaires. Les zones d’Ihimbi, Mabingu et Kadjuchu figurent parmi les plus touchées, alors que le manque d’eau potable et les difficultés d’accès aux soins favorisent la propagation de la maladie.
Selon le défenseur des droits humains Mapenzi Naceya Enock, qui a alerté sur cette situation, plus d’une dizaine de cas ont déjà été enregistrés et transférés vers l’hôpital de la Fomulac-Katana pour une prise en charge médicale.
« Il y a déjà plus de dix cas rapportés qui ont été transférés à la FOMULAC-Katana pour les soins appropriés. La cause de cette maladie, c’est la consommation de l’eau du lac par manque d’eau potable. Il y a aussi la vulnérabilité causée par la crise alimentaire qui sévit à Kadjuchu », explique-t-il à La Prunelle RDC.
Le Médecin Chef de Zone (MCZ) de Kalehe, Dr Benjamin Kaharamba, confirme cette recrudescence. Il indique que plusieurs malades des aires de santé d’Ihimbi, Mabingu et Kadjuchu sont désormais orientés vers l’hôpital de Kasheke, situé dans la zone de santé voisine de Kalehe, jugé plus accessible que le centre de traitement de Katana.
« Les malades ne peuvent trouver un autre centre de traitement du choléra qu’à la FOMULAC-Katana, pourtant celle-ci est plus éloignée que Kasheke. C’est pourquoi beaucoup préfèrent venir à l’hôpital de Kasheke. Nous avons mis en collaboration les médecins chefs de zone de Kalehe et de Katana afin de réfléchir aux stratégies pour stopper cette flambée », explique-t-il.
Selon lui, plusieurs facteurs favorisent cette recrudescence, notamment le manque d’eau potable, le non-respect des mesures d’hygiène et les difficultés du système de santé à répondre efficacement aux besoins des populations concernées.
Le médecin met également en garde contre le risque de propagation de la maladie durant le transport des patients.
« Plus les malades parcourent une longue distance avant d’être pris en charge, plus ils risquent de contaminer d’autres personnes sur leur trajet », prévient-il.
Alors que la zone de santé de Kalehe ne signalait plus de cas de choléra depuis plusieurs mois, elle enregistre désormais entre un et deux nouveaux cas chaque jour en provenance des localités voisines.
« Comme la saison sèche s’installe, nous craignons que cette flambée ne s’aggrave davantage », alerte le Dr Kaharamba.
À l’approche des grandes vacances scolaires, les autorités sanitaires appellent les familles à renforcer les mesures de prévention, notamment le lavage régulier des mains, la consommation d’eau potable ou traitée, la cuisson complète des aliments et l’utilisation de latrines répondant aux normes d’hygiène.
Le médecin recommande également une consultation rapide dès l’apparition des premiers symptômes.
« Nous invitons les parents à conduire immédiatement leurs enfants dans une structure de santé lorsqu’ils présentent des vomissements ou une diarrhée aiguë. Il ne faut pas manipuler les malades à domicile. Une prise en charge rapide permet de réduire les risques de contamination », insiste-t-il.
Face à cette situation, le Médecin Chef de Zone de Kalehe lance un appel aux autorités sanitaires, aux partenaires techniques et aux organisations humanitaires afin de renforcer la riposte.
Il plaide notamment pour l’amélioration de l’accès à l’eau potable dans les aires de santé d’Ihimbi, Mabingu et Kadjuchu, la réhabilitation des points d’eau, l’installation de nouveaux robinets, l’approvisionnement des centres de traitement en médicaments et intrants médicaux ainsi que le renforcement des campagnes de sensibilisation.
« Que les autorités mobilisent les partenaires afin de venir en aide aux populations de ces aires de santé. Il faut renforcer les sensibilisations pour que chacun sache comment se protéger contre le choléra », conclut le Dr Benjamin Kaharamba.
