Journée mondiale des pharmaciens : entre défis sanitaires et devoir d’éthique à Goma

Les Pharmacies de Goma
Une pharmacie située dans un quartier populaire de Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bonmpengo

À l’occasion de la Journée mondiale des pharmaciens, célébrée ce 25 septembre, le rôle des professionnels de la pharmacie dans la prise en charge sanitaire des populations est mis en lumière. À Goma, au Nord-Kivu, les pharmaciens font face à plusieurs défis, notamment l’automédication, la précarité financière des patients et les difficultés d’approvisionnement en médicaments.

La peur de l’hôpital favorise l’automédication

Dans plusieurs officines de Goma, les pharmaciens sont régulièrement confrontés à des patients qui privilégient l’achat de médicaments sans consultation médicale. Pour Grace Keukeu, pharmacienne à Goma, cette situation est notamment liée à la peur de se rendre dans les structures de santé, dans un contexte marqué par les préoccupations liées aux épidémies.

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« Nous sommes exposés parce que les malades font de l’automédication. Ils ne veulent pas aller se faire consulter, par peur d’être retenus à l’hôpital sous prétexte qu’ils ont des signes de la maladie à virus Ebola », explique-t-elle.

Cette crainte peut pousser certains patients à recourir directement aux pharmacies pour obtenir des médicaments sans prescription, une pratique qui peut comporter des risques pour leur santé et compliquer leur prise en charge.

La précarité et les difficultés d’approvisionnement

Au-delà de l’automédication, les pharmaciens doivent également composer avec les difficultés économiques auxquelles sont confrontés de nombreux patients.

Certains se présentent à l’officine sans disposer de moyens suffisants pour acheter l’ensemble des médicaments prescrits, une situation qui peut conduire à l’achat partiel d’un traitement, voire à son interruption.

Les difficultés d’approvisionnement constituent un autre défi pour la profession. Lorsque certains médicaments sont indisponibles, les pharmaciens peuvent être contraints de proposer des alternatives, lorsque celles-ci sont possibles et appropriées.

La déontologie au cœur de la profession

Dans ce contexte, le respect des principes éthiques et déontologiques reste essentiel. Le pharmacien ne doit pas être considéré uniquement comme un vendeur de médicaments, mais comme un professionnel de santé dont la responsabilité est également de contribuer à une utilisation sûre et rationnelle des médicaments.

Grace Keukeu appelle ainsi ses confrères et consœurs à rester attachés aux valeurs de leur profession.

« À tous les pharmaciens, continuons à œuvrer avec conscience. Ne nous comportons pas comme des vendeurs de médicaments, mais comme des dispensateurs de médicaments ayant notre serment à cœur », déclare-t-elle.

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À l’occasion de cette journée, ce rappel met en avant l’importance de la responsabilité professionnelle des pharmaciens dans la protection de la santé publique. Leur rôle ne se limite donc pas à la délivrance des médicaments, mais comprend également l’orientation et la sensibilisation des patients sur leur bonne utilisation.

Christelle Omoyi

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