À l’occasion de Novembre Bleu, Nadège Bope, assistante à l’Institut national des arts (INA) à Kinshasa, appelle les hommes à ne pas laisser la peur, les préjugés ou les stéréotypes liés au toucher rectal les éloigner du dépistage du cancer de la prostate. S’appuyant sur sa propre expérience des examens gynécologiques, qu’elle décrit comme traumatisante, elle plaide pour une meilleure compréhension des enjeux médicaux et la préservation de la vie.
Dans un témoignage marqué par son vécu personnel, Nadège Bope évoque les difficultés qu’elle a rencontrées lors de ses grossesses et de ses consultations médicales. Elle explique notamment avoir gardé un souvenir douloureux des nombreux touchers vaginaux subis pendant son premier accouchement.
« Le toucher vaginal est l’une des choses qui ont traumatisé ma vie de femme et de maman. Pour dire vrai, j’abhorre cet examen médical que je trouve un peu cruel. Avant chaque rendez-vous avec le gynécologue, je tremble… », confie-t-elle.
Elle raconte avoir vécu trente heures de contractions particulièrement douloureuses, accompagnées de nombreux examens avant qu’une césarienne ne soit finalement décidée. Lors de sa deuxième grossesse, les consultations prénatales étaient également une source d’angoisse. « Il m’arrivait parfois même de faire mon chapelet, d’écouter de la musique ou de méditer en attendant mon tour », témoigne-t-elle.
Malgré cette expérience, Nadège Bope affirme ne pas avoir renoncé au suivi médical. Elle dit également encourager les personnes qu’elle encadre et ses filleules à consulter dès qu’elles constatent un changement anormal de leur état de santé.
C’est à partir de cette expérience qu’elle interpelle les hommes sur les réactions de rejet observées autour du toucher rectal, un examen clinique pouvant contribuer à l’évaluation de la prostate. Elle dénonce notamment les discours qui assimilent cet acte médical à une pratique homosexuelle et qui, selon elle, découragent certains hommes de consulter.
« Je comprends qu’il y ait des hommes qui éprouvent une réticence quant à cet examen, mais de là à l’associer à une pratique d’homosexualité et à pousser les autres à ne pas le faire sous prétexte qu’ils se feront défoncer, je trouve ce comportement irresponsable face à une cause vitale », estime-t-elle.
Pour elle, les préjugés et les moqueries ne devraient pas prendre le dessus sur les préoccupations de santé. Elle invite ainsi les hommes à s’informer auprès des professionnels de santé et à discuter des possibilités de dépistage adaptées à leur situation.
Le cancer de la prostate demeure un enjeu important de santé publique à l’échelle mondiale. Les chiffres évoqués dans son témoignage font état d’environ 1,5 million de nouveaux cas dans le monde en 2024 et de près de 396.792 décès en 2022. Ces données rappellent l’importance de la prévention, de l’information et d’une prise en charge médicale appropriée.
À travers son message, Nadège Bope établit un parallèle entre les appréhensions que peuvent éprouver les femmes face aux examens gynécologiques et les réticences de certains hommes devant les examens de la prostate. Elle les appelle à faire passer leur santé avant les jugements sociaux.
« Ces chiffres appellent aussi bien les hommes que les femmes à être responsables et sensibles à la valeur de la vie. Le cancer de la prostate tue ! Allez vous faire dépister, chers messieurs ! Courage ! », conclut-elle.
