Le Gouvernement de la République démocratique du Congo et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont réaffirmé leur engagement commun à intensifier la riposte contre l’épidémie d’Ebola causée par la souche Bundibugyo, à l’issue d’une mission conjointe de haut niveau effectuée à Bunia, en Ituri.
Dans une déclaration commune publiée ce samedi 31 mai 2026, les deux parties ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation coordonnée, multisectorielle et communautaire pour contenir cette 17ᵉ épidémie qui continue de progresser dans plusieurs provinces de l’Est du pays.
Cette mission officielle a été conduite par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, accompagné du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, ainsi que du Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Selon la déclaration conjointe, la visite intervient dans « un contexte particulièrement préoccupant » marqué par la propagation de la maladie à virus Ebola dans plusieurs zones de santé des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le ministère de la Santé évoque une situation évolutive, avec plusieurs cas confirmés et décès déjà signalés dans les zones touchées.
Face à cette situation, le Gouvernement congolais, avec l’appui de l’OMS et des partenaires sanitaires et humanitaires, affirme avoir renforcé les activités de surveillance épidémiologique, les diagnostics en laboratoire, la prévention et le contrôle des infections ainsi que la prise en charge des patients.
« Le Gouvernement intensifie les activités de surveillance, de diagnostic en laboratoire, de prévention et de contrôle des infections, de prise en charge des patients et de recherche active des cas et des contacts, afin d’interrompre la transmission dans les meilleurs délais », souligne le communiqué.
Une riposte coordonnée avec les partenaires internationaux
Kinshasa indique mener une riposte nationale coordonnée et multisectorielle, en étroite collaboration avec les autorités provinciales de l’Ituri et des provinces voisines.
L’OMS, Africa CDC, le système des Nations Unies ainsi que plusieurs partenaires humanitaires et sanitaires restent mobilisés pour accompagner cette réponse.
Les deux parties affirment travailler ensemble au renforcement de la coordination opérationnelle, à la mobilisation accrue des ressources ainsi qu’à l’acheminement rapide des interventions sanitaires vers les communautés affectées.
Les autorités congolaises et leurs partenaires insistent également sur le rôle central des communautés locales dans la lutte contre l’épidémie.
« Le succès des interventions dépendra de la confiance, de l’engagement et du leadership des communautés locales », précise la déclaration.
Pour cette raison, le Gouvernement et ses partenaires disent intensifier le dialogue avec les leaders communautaires, les organisations de femmes et de jeunes, les responsables religieux ainsi que le secteur privé afin de construire des réponses adaptées aux réalités locales.
Les autorités sanitaires reconnaissent que la souche Bundibugyo présente des défis supplémentaires par rapport aux précédentes flambées d’Ebola enregistrées en RDC.
Contrairement à la souche Zaïre, cette variante ne dispose actuellement ni d’un vaccin homologué ni d’un traitement spécifique approuvé à grande échelle.
Malgré cette difficulté, le Gouvernement et l’OMS rappellent que les mesures classiques de santé publique restent efficaces pour limiter la propagation du virus et améliorer les chances de survie des malades.
« Les mesures de santé publique approuvées demeurent efficaces pour ralentir la transmission et améliorer les chances de guérison », insistent les deux parties.
Parallèlement, le ministère de la Santé, l’OMS et leurs partenaires annoncent travailler activement à la mise en œuvre rapide d’essais cliniques portant sur des vaccins et traitements candidats contre cette souche.
Dans cette déclaration commune, plusieurs défis majeurs ont été identifiés dans la gestion actuelle de l’épidémie.
Parmi eux figurent notamment la détection rapide des cas suspects, l’isolement précoce des malades, le suivi des contacts, l’organisation des enterrements dignes et sécurisés ainsi que le renforcement des mesures de prévention dans les structures sanitaires.
Les autorités sanitaires appellent également la population à continuer d’appliquer les gestes barrières.
« Le Gouvernement et l’OMS appellent l’ensemble des communautés à poursuivre l’adoption de comportements protecteurs, notamment le lavage régulier des mains, le recours précoce aux structures de santé et le partage d’informations fiables et vérifiées », peut-on lire dans le document.
Le Gouvernement congolais rappelle par ailleurs que le pays dispose d’une longue expérience dans la gestion des épidémies d’Ebola, plusieurs flambées ayant déjà été contenues au cours des dernières années.
Selon la déclaration, cette expérience, combinée à « un leadership politique affirmé » et à « une solidarité internationale renouvelée », constitue un atout important pour maîtriser l’épidémie actuelle.
Les deux parties soulignent également que la riposte actuelle doit permettre de renforcer durablement le système de santé congolais, notamment à travers les investissements dans les laboratoires, les ressources humaines, les systèmes de surveillance et les soins de santé primaires.
Le Gouvernement et l’OMS ont enfin insisté sur l’importance de maintenir la coopération régionale afin d’éviter des perturbations dans l’acheminement des aides sanitaires et du personnel médical.
« La coopération entre les États doit également permettre de maintenir les frontières ouvertes et de veiller à ce que les mesures de contrôle aux points d’entrée ne compromettent ni l’acheminement des fournitures médicales essentielles ni le déploiement du personnel de santé et de riposte », souligne la déclaration.
Enfin, le Gouvernement de la RDC, l’OMS, Africa CDC, les Nations Unies et l’ensemble des partenaires ont réaffirmé leur détermination à travailler ensemble pour protéger les populations, interrompre la transmission du virus et renforcer durablement la sécurité sanitaire dans la région.
