La cohabitation entre agriculteurs et éleveurs devient de plus en plus difficile dans la cité de Kamanyola, en territoire de Walungu au Sud-Kivu. À la base de ces tensions : le manque de pâturages pour le bétail, une situation qui entraîne régulièrement des destructions de champs et menace les moyens de subsistance de nombreuses familles.
Depuis plusieurs semaines, des habitants dénoncent des cas répétés de bétails qui envahissent les champs de manioc et de maïs, provoquant d’importants dégâts dans cette zone où l’agriculture constitue l’une des principales sources de revenus des ménages.
Contacté ce lundi 1er juin 2026 par La Prunelle RDC, Monsieur Mushagalusa Lugwere, habitant du village Mulira à Kamanyola et cultivateur, affirme que plusieurs agriculteurs vivent désormais dans l’angoisse de perdre leurs récoltes.
Selon lui, la présence croissante des éleveurs venus de la plaine de la Ruzizi aggrave la situation dans une cité qui ne dispose pas suffisamment d’espaces réservés au pâturage.
« J’ai cultivé les maniocs et les maïs dans mon champ de quatre hectares, mais aujourd’hui je me retrouve avec moins d’un hectare alors que c’est ça la source de revenu pour ma famille et ça me facilite à avoir de quoi payer la scolarité de mes enfants et d’autres besoins capitaux de la maison », déplore-t-il.
Cet agriculteur appelle les autorités locales à prendre des mesures afin d’éviter que les animaux ne continuent à ravager les cultures avant la période des récoltes.
« Si les autorités locales pourraient nous aider à prévoir des pâturages pour les éleveurs ou leur interdire d’attendre que la moisson soit prête à la récolte pour que eux commencent à diriger les animaux dans les champs, ça pourrait aider », ajoute-t-il.
Dans cette partie du Sud-Kivu, plusieurs familles dépendent essentiellement de l’agriculture pour survivre, particulièrement dans le contexte sécuritaire et économique difficile que traverse l’Est de la République démocratique du Congo.
Les pertes enregistrées dans les champs inquiètent donc de nombreux ménages qui craignent une aggravation de la précarité alimentaire et financière.
Du côté des éleveurs, certains reconnaissent également l’existence du problème tout en expliquant les difficultés auxquelles ils font face.
Selon eux, l’expansion des espaces agricoles dans la cité réduit considérablement les zones accessibles pour le pâturage.
Monsieur Alexis Paul Cirimwase, l’un des bergers interrogés par La Prunelle RDC, affirme que certains dégâts sont causés volontairement par des gardiens de troupeaux irresponsables, tandis que d’autres surviennent lorsque les animaux échappent au contrôle des éleveurs.
« Des bergers détruisent les champs volontairement car ils prennent du chanvre ou des boissons fortement alcoolisées avant d’aller faire manger les animaux. Mais aussi il y a un moment où les animaux nous échappent car ils sont plus nombreux et on se retrouve dans la difficulté de les reprendre », explique-t-il.
Il évoque également le manque d’espaces appropriés pour nourrir les animaux dans cette zone fortement occupée par les activités agricoles.
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Les éleveurs demandent ainsi aux autorités locales de mettre en place des couloirs de passage pour le bétail, notamment pour permettre aux animaux d’accéder aux rivières et aux rares pâturages disponibles sans traverser les champs des cultivateurs.
« Il faudrait qu’il y ait un chemin bien tracé où les animaux peuvent passer pour s’abreuver dans la rivière ou quand on les amène aux pâturages », plaident-ils.
Face à cette situation qui continue d’alimenter des tensions entre les deux communautés, plusieurs habitants estiment qu’une intervention rapide des autorités locales serait nécessaire afin d’éviter que ces conflits ne dégénèrent davantage.
