Ebola en RDC : près de 3.750 cas confirmés, plus de 1.650 décès et des soignants réclament une revalorisation de leurs primes

Virus d'Ebola
Virus d'Ebola

La République démocratique du Congo continue de faire face à une intensification de l’épidémie d’Ebola causée par la souche Bundibugyo. Selon le rapport de situation publié le 2 août 2026 par le Gouvernement congolais et l’Institut national de santé publique (INSP), le pays totalise désormais 3.748 cas confirmés1.657 décès et 708 personnes guéries depuis le début de l’épidémie.

Les autorités sanitaires indiquent que 690 patients sont actuellement pris en charge dans les centres d’isolement et de traitement. Le taux de létalité s’élève à 44,2 %, tandis que le taux de suivi des contacts atteint 80,1 % dans les cinq provinces touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.

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Le rapport souligne que la situation demeure stable sur le plan géographique. Le nombre de zones de santé affectées reste fixé à 49, aucune nouvelle zone n’ayant été enregistrée au cours des dernières 24 heures.

Malgré cette stabilité géographique, les équipes de riposte poursuivent leurs efforts sur le terrain. Plus de 1.000 alertes ont été investiguées et des centaines d’échantillons biologiques analysés au cours des dernières 24 heures afin de renforcer la détection précoce des cas et de limiter la propagation de la maladie.

Le ministère de la Santé publique précise que la prise en charge médicale se poursuit malgré la pression exercée sur plusieurs centres de traitement, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, les deux principales zones touchées par l’épidémie.

Les autorités rappellent également que les activités de communication sur les risquesd’engagement communautaired’enterrements dignes et sécurisés ainsi que de soutien psychosocial se poursuivent afin de renforcer l’adhésion des populations aux mesures de prévention et de riposte.

Des soignants dénoncent des primes de risque insuffisantes

Parallèlement aux efforts de riposte, un mouvement de contestation est apparu parmi les professionnels de santé engagés contre Ebola en Ituri.

Dans un mémorandum adressé le 1er août 2026 au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, des infirmiers, laborantins et hygiénistes dénoncent des primes de risque qu’ils jugent largement insuffisantes au regard des dangers auxquels ils sont quotidiennement exposés.

Selon les signataires, les infirmiers perçoivent une prime journalière de 12 dollars américains, contre 7 dollars pour les laborantins et les hygiénistes.

Ces professionnels estiment que ces montants ne reflètent ni les risques encourus ni les sacrifices consentis dans la lutte contre cette maladie hautement contagieuse.

« Nous réclamons nos droits. Nous travaillons en toute conscience professionnelle, mais la rémunération qu’on nous donne n’est pas suffisante. Le mois passé, on nous a payé 25 dollars par jour, mais ce mois-ci, on a réduit cette somme. Pourquoi ? », s’interroge l’une des signataires du mémorandum.

Un autre infirmier déplore également cette réduction.

« Au mois de mai, le personnel infirmier recevait 25 dollars par jour. Aujourd’hui, cette prime est tombée à 12 dollars. Pourtant, nous travaillons jour et nuit auprès des malades. Nous trouvons cette situation injuste », affirme-t-il.

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Les professionnels de santé sollicitent ainsi une intervention du Chef de l’État afin qu’une révision équitable des primes de risque soit engagée en tenant compte des responsabilités assumées par chaque catégorie de personnel. Ils rappellent que plusieurs de leurs collègues ont perdu la vie au cours de la riposte.

Plus de deux mois sans nouveau cas au Sud-Kivu

Le rapport souligne toutefois une évolution encourageante au Sud-Kivu, où aucun nouveau cas d’Ebola n’a été enregistré depuis plus de 60 jours.

Les autorités sanitaires invitent néanmoins la population à maintenir sa vigilance et rappellent que tout cas suspect doit être signalé immédiatement en appelant gratuitement le 151, afin de permettre une prise en charge rapide et de limiter les risques de transmission.

Suzanne Baleke

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