Ebola en RDC : trois mois de riposte face au virus de la souche Bundibugyo

Le gouvernement congolais a dressé, mardi 18 août 2026, un bilan de trois mois de riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola due à la souche Bundibugyo, tout en présentant les mesures prévues pour assurer une rentrée scolaire sécurisée dans les zones affectées.

Un briefing conjoint a réuni le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, et le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba.

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Selon le ministre de la Santé, la RDC compte désormais plus de 5.000 cas confirmés et environ 2.370 décès, soit un taux de létalité d’environ 47 %. L’épidémie touche 55 zones de santé sur les 140 que comptent les cinq provinces concernées.

Toutefois, rapportée aux aires de santé, qui constituent les unités de base de l’organisation sanitaire et regroupent environ 10 000 habitants, l’ampleur géographique de l’épidémie reste plus limitée : environ 8 % des aires de santé seraient affectées.

Le suivi des contacts atteint pour sa part 82 %, selon les données présentées par le ministre, traduisant une mobilisation importante des équipes engagées dans la surveillance épidémiologique.

Bundibugyo : un virus moins létal mais plus contagieux

Roger Kamba a également insisté sur les différences entre la souche Bundibugyo et la souche Zaïre, responsable de plusieurs précédentes épidémies d’Ebola en RDC.

Selon lui, alors que la létalité du virus Zaïre pouvait atteindre 60 à 80 %, le Bundibugyo serait moins létal mais présenterait une capacité de transmission plus importante.

Les premiers symptômes (fièvre, maux de tête, douleurs abdominales, diarrhées et vomissements) ressemblent par ailleurs à ceux de nombreuses autres maladies. Cette similitude peut retarder l’identification des cas et leur prise en charge.

Le ministre souligne également que les manifestations hémorragiques sont relativement rares chez les patients infectés par cette souche, ce qui peut réduire la perception du danger au sein des communautés.

« Ebola Zaïre, c’était la fièvre hémorragique, donc la peur. Bundibugyo paraît presque gentil dans les premiers jours », a expliqué Roger Kamba.

Une riposte renforcée

Le ministre de la Santé affirme que la réponse a été rapidement renforcée. En deux mois, le nombre de laboratoires est notamment passé de zéro à vingt, tandis qu’environ 1600 lits ont été mobilisés pour la prise en charge des patients.

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Le gouvernement dit également avoir adopté le principe de transparence consistant à considérer « un cas égale une épidémie », afin de renforcer la surveillance, la traçabilité des contacts et la mobilisation des équipes.

L’épidémie demeure fortement concentrée en Ituri, qui regrouperait entre 85 et 90 % des cas, principalement dans cinq à six zones de santé.

Le Nord-Kivu constitue la deuxième province la plus touchée. Des cas ont également été enregistrés dans la Tshopo, où le ministre évoque 14 cas importés de l’Ituri, ainsi que dans le Haut-Uélé et le Bas-Uélé.

Au-delà de la riposte médicale, le gouvernement entend désormais renforcer les mesures de prévention dans les zones à risque, notamment à l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027.

Edith Kazamwali

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