Dans l’est de la République démocratique du Congo, des milliers de personnes continuent de subir les conséquences des conflits armés, des déplacements forcés et de la fragilisation du système de santé. Au Nord et au Sud-Kivu, où la situation sécuritaire demeure extrêmement volatile, Médecins Sans Frontières (MSF) poursuit ses activités médicales afin de maintenir l’accès aux soins pour les populations les plus affectées.
Des mois d’instabilité ont profondément bouleversé la vie des communautés. Des familles ont été contraintes de fuir, certains villages se sont vidés de leurs habitants et de nombreuses structures sanitaires fonctionnent avec des moyens limités. Dans plusieurs territoires du Nord et du Sud-Kivu, les déplacements de population continuent par ailleurs d’exercer une forte pression sur des services de santé déjà fragilisés.
Face à cette situation, les équipes de MSF maintiennent leur appui aux hôpitaux et centres de santé, notamment à travers les soins de santé primaires et secondaires, les interventions chirurgicales, la prise en charge de la malnutrition, des urgences vitales et des violences sexuelles.
Les populations du Nord et du Sud-Kivu sont confrontées à plusieurs crises sanitaires simultanées. Alors que la riposte contre Ebola mobilise d’importants moyens, d’autres maladies continuent également de toucher les communautés.
Les équipes de MSF participent notamment à la prise en charge des patients atteints d’Ebola à Beni et Butembo, tout en poursuivant leurs activités face aux épidémies de rougeole et de choléra dans plusieurs zones, notamment à Bukavu, Shabunda et Goma.
Cette réponse comprend la prise en charge médicale des patients, le renforcement de la surveillance épidémiologique, la prévention et le contrôle des infections ainsi que les activités de sensibilisation communautaire.
Depuis le début de l’année, plus de 12 050 patients ont été pris en charge et plus de 283 150 enfants vaccinés contre la rougeole, tandis que plus de 2 410 patients ont été soignés pour le choléra, selon les données communiquées dans le cadre de ces activités.
Dans le territoire de Rutshuru, l’accès aux soins reste particulièrement difficile pour de nombreuses communautés affectées par le conflit. MSF soutient quatre hôpitaux de référence ainsi que plus d’une dizaine de centres de santé dans les zones de Rutshuru, Kibirizi et Binza.
Ces structures continuent notamment d’assurer les urgences, la pédiatrie, la chirurgie, la prise en charge de la malnutrition ainsi que les soins de santé sexuelle et reproductive.
Dans la zone de santé de Masisi, les déplacements de population ont également accentué les besoins sanitaires. L’appui de MSF concerne notamment l’Hôpital général de référence de Masisi et plusieurs centres de santé, dont ceux de Nyabiondo et Masisi-Centre.
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Les activités portent sur les consultations médicales, les urgences, la prise en charge des survivantes et survivants de violences sexuelles ainsi que l’eau, l’hygiène et l’assainissement.
Dans la zone de santé de Mweso, l’Hôpital général de référence et plusieurs centres de santé bénéficient également d’un appui pour les soins primaires, la prise en charge des violences sexuelles et le traitement de pathologies courantes telles que le paludisme, les infections respiratoires aiguës et les maladies diarrhéiques.
À Goma, Sake et dans les localités environnantes, les besoins sanitaires restent fortement liés aux conséquences des affrontements, aux déplacements de population et aux épidémies.
Dans les centres de santé de CCLK, Murara et Sake, les équipes assurent notamment des consultations de soins primaires, des activités de vaccination, le suivi nutritionnel des enfants et la prise en charge des survivantes et survivants de violences sexuelles.
À l’Hôpital général de référence de Kyeshero, l’appui concerne notamment les soins secondaires, la pédiatrie et l’unité nutritionnelle thérapeutique intensive. Le centre de traitement de la rougeole contribue également à la prise en charge des patients affectés par cette maladie.
Dans la zone de santé de Katoyi, MSF appuie les autorités sanitaires dans la prise en charge de la malnutrition. Depuis le début de l’année, plus de 3 600 patients y auraient déjà bénéficié de soins.
Dans des territoires plus isolés comme Walikale, les contraintes sécuritaires et logistiques rendent l’accès aux soins particulièrement complexe. Malgré ces difficultés, MSF poursuit son soutien à l’Hôpital général de référence ainsi qu’à plusieurs centres de santé, notamment pour les soins primaires et secondaires.
Au Sud-Kivu, notamment à Minova et Bunyakiri, les déplacements répétés de population et les conséquences du conflit continuent d’accroître les besoins sanitaires. Les équipes maintiennent des activités essentielles en santé maternelle, en chirurgie d’urgence et en pédiatrie, ainsi que des services de prise en charge médicale et psychosociale des victimes de violences sexuelles.
Dans un contexte marqué par la superposition des crises sécuritaires, sanitaires et humanitaires, le principal défi reste de garantir la continuité des soins aux populations qui en ont le plus besoin.
Malgré l’instabilité et les difficultés d’accès à certaines zones, MSF affirme ainsi poursuivre l’adaptation de ses activités afin de maintenir une présence médicale là où les besoins sont les plus urgents.
