L’annonce du premier cas confirmé de maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, dans la ville de Goma continue de provoquer une vive inquiétude au sein de la population. Cette confirmation, rendue publique dimanche 17 mai 2026 par le ministère de la Santé de la République démocratique du Congo à travers l’Institut National de Recherche Biomédicale, intervient dans une ville déjà fragilisée par la crise sécuritaire et les difficultés économiques.
La nouvelle a également été confirmée par les autorités de l’AFC-M23, qui contrôlent la ville depuis plus d’une année. Depuis cette annonce, plusieurs habitants affirment vivre dans un climat de peur et d’incertitude.
Pour de nombreux habitants interrogés, la résurgence du virus ravive les souvenirs douloureux des précédentes épidémies d’Ebola ainsi que de la pandémie de Covid-19.
« J’ai peur. Je me demande si ça continue comme ça, qu’est-ce que les gens vont faire ? La vie est chère à Goma, il n’y a pas de banques, et le peu de moyens que les gens cherchent vont finir. Nous sommes obligés de respecter les gestes barrières, c’est grave », témoigne Louise Uwase.
D’autres habitants expriment également un profond sentiment d’angoisse face à cette nouvelle crise sanitaire.
« Comme nous avons déjà connu le virus Ebola auparavant, puis le Covid-19, je me demande si nous avons fait quelque chose de mal et que Dieu est en train de nous punir », confie Carine Bahati.
La fermeture récente des frontières entre le Rwanda et la RDC accentue davantage la psychose au sein de la population. Plusieurs habitants considèrent cette décision comme un signe de la gravité de la situation sanitaire.
Dans une ville où une grande partie de la population fait déjà face à la hausse des prix, au chômage et aux conséquences du conflit armé, certains craignent que les mesures de prévention deviennent difficiles à appliquer au quotidien.
« La population souffre. Il faut que les autorités commencent à chercher des solutions le plus tôt possible. Je ne vois pas comment une personne qui n’a rien mangé depuis le matin peut acheter un dispositif pour se laver les mains ou des désinfectants. Cette guerre a tout bouleversé », déplore Arsène Mongane.
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Dans une déclaration officielle publiée le 16 mai 2026, le gouvernorat AFC-M23 du Nord-Kivu a indiqué que le patient confirmé proviendrait récemment de Bunia, où une flambée d’Ebola fait déjà l’objet d’une prise en charge sanitaire renforcée.
Les autorités sanitaires assurent que les mécanismes de riposte ont été activés afin de limiter la propagation de la maladie, notamment à travers l’isolement du patient, le suivi des contacts et le renforcement des mesures de surveillance dans les structures sanitaires et les points d’entrée de la ville.
