Le Centre de traitement Ebola (CTE) de Nyakunde, situé dans le territoire d’Irumu en Ituri, a été entièrement détruit par un incendie dans la soirée du mercredi 15 juillet 2026, à la suite de violentes tensions survenues après le décès d’une patiente. Le drame, qui intervient en pleine recrudescence de l’épidémie d’Ebola, a fait au moins trois morts et porte un sérieux coup aux efforts de riposte dans cette partie de la province.
Selon des sources locales, les tensions ont éclaté après le décès d’une femme enceinte admise au Centre de traitement Ebola. Dans ce contexte de vive émotion, un présumé combattant de la milice Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC) aurait été abattu par un militaire des FARDC chargé de la sécurité du centre. Les circonstances exactes de cette fusillade restent, à ce stade, inconnues.
Peu après cet incident, des jeunes en colère se sont attaqués au Centre de traitement Ebola, y mettant le feu. Les flammes ont entièrement ravagé les installations, compromettant la prise en charge des malades ainsi que les activités de riposte contre l’épidémie dans cette zone fortement touchée.
Le bilan provisoire fait état de trois personnes tuées, toutes présentées comme des membres de la milice FPIC. Parmi les victimes figure le commandant de ce groupe armé connu sous le nom de « Chini ya Kilima », qui, selon plusieurs témoignages, tentait d’apaiser la situation.
« Il venait pour stopper la tension de ces jeunes à haut risque qui s’en prenaient au centre. Malheureusement, il a été atteint par balle et est mort avec ses gardes du corps », a expliqué Christophe Munyanderu, responsable de l’Association pour la promotion et la défense de la paix (APDEF).
À ce stade, aucune communication officielle n’a permis de déterminer le sort des patients qui étaient hospitalisés au moment de l’incendie. Les autorités n’ont pas encore indiqué s’ils ont pu être évacués vers d’autres structures sanitaires ni si d’autres victimes sont à déplorer.
L’incendie du seul Centre de traitement Ebola de Nyakunde constitue un revers majeur pour les équipes engagées dans la lutte contre l’épidémie, alors que l’Ituri demeure l’épicentre de la flambée actuelle de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo.
Dans l’après-midi de ce jeudi, les autorités militaires ont toutefois indiqué qu’un retour progressif au calme était observé à Nyakunde et à Marabo. Le commandant du secteur opérationnel ainsi que l’administrateur militaire du territoire d’Irumu, le colonel Siro Nsimba Bunga, ont annoncé l’ouverture d’une enquête afin d’établir les circonstances exactes des événements.
Le gouverneur militaire de l’Ituri, représenté sur place par le général Boni Matiti, s’est rendu à Nyakunde pour appeler la population au calme, l’inviter à ne pas céder aux rumeurs et encourager les personnes déplacées à regagner leurs domiciles.
Par ailleurs, la circulation a repris sur la Route nationale n°27 (RN27), reliant Bunia à Komanda, après plusieurs heures de perturbations consécutives aux violences.
