Deux mois après la déclaration de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur une détérioration rapide de la situation sanitaire et appelle à un renforcement urgent de la réponse internationale, particulièrement dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie.
Dans un communiqué publié ce mercredi, MSF indique que l’épidémie a atteint un niveau particulièrement préoccupant. Au 12 juillet 2026, près de 2 000 cas confirmés et plus de 700 décès avaient déjà été enregistrés.
Selon l’organisation, la flambée est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, dont la propagation est qualifiée de « sans précédent ».
« Chaque retard coûte des vies. Nous courons après l’épidémie au lieu de garder une longueur d’avance », alerte Trish Newport, responsable des urgences de MSF.
L’organisation souligne qu’en seulement cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé, tandis que le nombre de décès a été multiplié par cinq, illustrant l’accélération de la transmission.
L’Ituri demeure la province la plus touchée, concentrant près de 90 % des cas enregistrés à travers le pays.
À Bunia, le Centre de traitement Ebola (CTE) Elikiya, qui dispose de 90 lits, fonctionne presque en permanence à pleine capacité. Cette saturation entraîne, selon MSF, une prise en charge tardive de nombreux patients, souvent admis dans un état critique.
Depuis le début de l’épidémie, les équipes de Médecins Sans Frontières indiquent avoir pris en charge 968 patients dans sept centres de traitement Ebola et quinze unités d’isolement.
À Mongbwalu, l’organisation fait état d’un bilan de 57 survivants contre plus de 110 décès, illustrant la gravité de la situation dans cette zone fortement affectée.
MSF dénonce également les difficultés auxquelles sont confrontées les équipes de riposte. L’organisation évoque un système de surveillance épidémiologique débordé ainsi que plusieurs restrictions qui compliquent les interventions sur le terrain.
La crise sanitaire se déroule par ailleurs dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés, auxquels s’ajoutent d’autres urgences de santé publique telles que le choléra, le paludisme et la rougeole.
Face à cette situation, Médecins Sans Frontières appelle à une mobilisation internationale plus importante afin de renforcer le dépistage, la prise en charge des malades, le suivi des contacts et la gestion digne des dépouilles, des éléments jugés essentiels pour freiner la propagation de l’épidémie.
