L’expérimentation de la culture du blé dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, produit des résultats encourageants. Après deux saisons d’essais menés dans le bassin agricole de Kahunga, à Kiwanja, les premiers bilans sont jugés prometteurs par les initiateurs du projet, qui y voient une opportunité de diversifier la production agricole et de contribuer à la lutte contre l’insécurité alimentaire en République démocratique du Congo.
Cette initiative est portée par Agriculture Référence Entreprise (AGRIREF.E), en partenariat avec le Centre d’Adaptation et de Production de Semences Améliorées (CAPSA). Depuis la saison culturale A 2025-2026, plusieurs variétés de blé sont testées afin d’évaluer leur capacité d’adaptation aux conditions agroécologiques du bassin de Kahunga.
Selon l’ingénieur agronome Alfred Mutundi, consultant au sein d’AGRIREF.E, l’objectif est d’offrir aux agriculteurs une nouvelle culture susceptible d’améliorer leurs revenus tout en renforçant leur résilience face aux effets du changement climatique.
« Notre motivation principale est de diversifier les cultures pratiquées par les agriculteurs et de rechercher des alternatives capables d’améliorer leurs revenus et leur résilience face au changement climatique. Le blé est largement consommé en République démocratique du Congo. Le produire localement pourrait réduire la dépendance aux importations tout en offrant une nouvelle source de revenus aux producteurs », explique-t-il.
L’agronome précise que le blé n’a pas vocation à remplacer les cultures déjà pratiquées dans la région, notamment le maïs, les haricots, le soja ou encore la pomme de terre. Il constitue plutôt une culture complémentaire destinée à diversifier les productions agricoles.
« Le blé vient compléter les cultures existantes afin de réduire certains risques liés aux maladies et aux aléas climatiques. Cette diversification renforce la résilience des exploitations agricoles locales tout en répondant à une forte demande sur le marché », ajoute-t-il.
Après deux campagnes d’expérimentation, les responsables du projet se disent satisfaits des résultats obtenus. Malgré plusieurs difficultés rencontrées sur le terrain, certaines variétés de blé ont démontré une bonne adaptation aux conditions de Rutshuru.
« Nous avons rencontré plusieurs défis, notamment une mauvaise répartition des pluies, le manque d’expérience de certains producteurs ainsi que les dégâts causés par les rats qui sectionnent les tiges de blé. Malgré cela, plusieurs variétés ont montré une bonne capacité d’adaptation et des performances encourageantes. Ces résultats ouvrent la voie à des recherches plus approfondies et à une éventuelle extension du projet vers d’autres zones agricoles du territoire », souligne Alfred Mutundi.
Face aux défis liés à la malnutrition et à l’insécurité alimentaire, AGRIREF.E considère cette expérimentation comme une innovation porteuse d’espoir. L’entreprise appelle les agriculteurs, les chercheurs, les autorités locales ainsi que les partenaires techniques et financiers à soutenir cette initiative afin d’intégrer durablement le blé parmi les cultures stratégiques pour le développement agricole du territoire de Rutshuru.
