Des professionnels des médias du Sud-Kivu participent, du 15 au 16 juillet 2026 à Bukavu, à une formation consacrée à la couverture médiatique de la maladie à virus Ebola. Organisée par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) Sud-Kivu en collaboration avec la Division provinciale de la Santé (DPS), avec l’appui de la Coopération suisse, cette initiative vise à renforcer les connaissances des journalistes afin de promouvoir une information fiable et une communication responsable sur l’épidémie.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des prestataires des médias et des organisations de la société civile pour promouvoir l’adoption de comportements responsables de prévention contre la maladie à virus Ebola ».
Lire aussi : Ebola en RDC : plus de 2.000 cas confirmés, la riposte se poursuit dans cinq provinces
Selon les organisateurs, cette session de formation a pour objectif d’améliorer les compétences des professionnels des médias en matière d’alerte précoce, de réduction des risques sanitaires et de couverture médiatique éthique, fondée sur des données scientifiques vérifiées.
Intervenant au cours de cette première journée, le Dr. Claude Bahizire, chargé de communication à la Division provinciale de la Santé, a rappelé que la maladie à virus Ebola demeure une menace pour la province, malgré l’absence de nouveaux cas depuis plusieurs semaines.
« Je peux vous dire que notre province n’est pas encore quitte de la maladie à virus Ebola parce que le dernier cas est sorti il y a seulement 28 jours, alors qu’il nous faut attendre 42 jours avant de déclarer officiellement la fin de l’épidémie. En plus, Ebola circule encore dans le nord du Nord-Kivu, en Ituri, dans la Tshopo et au Haut-Uélé. Le risque demeure donc très élevé », a-t-il expliqué.
Le médecin a insisté sur le rôle essentiel des journalistes dans la lutte contre l’épidémie. Selon lui, les professionnels des médias ont une double responsabilité : sensibiliser les communautés sur les mesures de prévention tout en diffusant des informations exactes afin d’éviter la désinformation et la psychose.
« Les journalistes doivent sensibiliser la population aux risques liés à Ebola et promouvoir le respect des mesures barrières. Ils doivent également relayer des informations vraies et vérifiées afin d’éviter la propagation des rumeurs », a-t-il souligné.
Le Dr. Claude Bahizire a également rappelé que la prévention demeure le moyen le plus efficace pour limiter la propagation du virus.
« La population doit comprendre que la prévention reste la mesure la plus importante. Le lavage régulier des mains est essentiel, car Ebola se transmet par contact direct. Toute personne présentant des symptômes suspects doit se rendre rapidement dans une structure de santé. Plus la maladie est détectée tôt, plus les chances de guérison augmentent et moins le risque de transmission est élevé », a-t-il indiqué.
Il a par ailleurs attiré l’attention sur une idée reçue persistante selon laquelle Ebola se manifeste systématiquement par des saignements.
« Beaucoup pensent qu’une personne atteinte d’Ebola doit forcément présenter des saignements. Pourtant, plusieurs malades ne développent jamais ce symptôme. Il est donc important de consulter rapidement dès l’apparition des premiers signes afin de bénéficier d’une prise en charge précoce », a-t-il précisé.
La formation se déroule à l’Auditorium de la Femme, situé à Labotte, dans la commune d’Ibanda à Bukavu. Pendant deux jours, les participants échangeront sur les bonnes pratiques journalistiques en période d’épidémie, les principes de communication des risques ainsi que les stratégies de lutte contre la désinformation afin de contribuer efficacement aux efforts de riposte contre Ebola.
