Kabare : la Société Civile demande des éclaircissements sur les rumeurs de décès de femmes enceintes à Fomulac Katana

Fomulac Katana

La Société civile Forces Vives de Katana a saisi l’Hôpital général de référence Fomulac Katana pour obtenir des éclaircissements sur des rumeurs faisant état de plusieurs décès de femmes enceintes et de nouveau-nés au cours des dernières semaines. L’établissement rejette notamment les allégations attribuant ces décès au manque d’électricité, à l’intervention de médecins en formation ou à une prise en charge conditionnée par le paiement.

Selon Emery Murhula, président de la Société civile Forces Vives de Katana, des informations relayées dans la communauté et sur les réseaux sociaux ont suscité l’inquiétude à Irhambi Katana. Ces messages évoquaient notamment plusieurs décès enregistrés au cours des trois dernières semaines du mois d’août.

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Face à ces préoccupations, la Nouvelle Dynamique de la Société civile (NDSCI), la Société civile et des leaders communautaires se sont rendus à l’Hôpital général de référence Fomulac Katana le vendredi 21 août afin d’obtenir la version de la direction de l’établissement.

L’hôpital dément un lien avec la panne d’électricité

Le médecin directeur de Fomulac Katana reconnaît que l’établissement connaît une panne de ses turbines hydroélectriques depuis environ une semaine et demie. Il assure toutefois que cette situation n’a pas entraîné l’arrêt de l’alimentation électrique de l’hôpital.

« Nous avons des générateurs qui alimentent tout l’hôpital et nos générateurs fonctionnent 24 heures sur 24 toutes les fois qu’on n’a pas de courant », explique-t-il.

Selon lui, l’établissement dispose ainsi d’un générateur permettant d’assurer la continuité de l’alimentation électrique malgré la panne des turbines.

Il rejette donc catégoriquement les informations faisant état de décès de patientes qui seraient liés au manque d’électricité.

« Quand les gens disent qu’il y a des personnes qui sont décédées à cause du courant, ça c’est faux et archi-faux », affirme le médecin directeur.

La direction rejette également les accusations sur les médecins en formation

La Société civile avait également rapporté des allégations selon lesquelles des femmes subissant des césariennes seraient laissées entre les mains de médecins stagiaires.

La direction de l’hôpital dément cette information. Le médecin directeur explique que les médecins en formation peuvent assister les médecins titulaires, mais ne sont pas autorisés à réaliser seuls une intervention chirurgicale.

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« Il peut assister un médecin engagé, mais il n’est pas le responsable, il ne peut pas entrer au champ et commencer à opérer de lui-même », précise-t-il.

Il affirme que la responsabilité des interventions chirurgicales revient aux médecins engagés par l’établissement.

L’hôpital dément aussi une prise en charge conditionnée par l’argent

Autre accusation rapportée dans les messages circulant dans la communauté : l’hôpital privilégierait le paiement au détriment de la prise en charge des patients.

Le médecin directeur réfute également cette allégation. Il affirme que les patients hospitalisés ne sont pas contraints de payer avant d’être pris en charge.

Il précise toutefois qu’une caution peut être demandée pour certaines interventions chirurgicales programmées, contrairement aux situations d’urgence.

« En hospitalisation, on n’a jamais demandé quoi que ce soit avant de soigner les malades », assure-t-il.

Il affirme que la mission de Fomulac Katana est de soigner la population et non de placer les considérations financières avant la prise en charge médicale.

La question de l’accueil des femmes enceintes examinée

Concernant les accusations de négligence envers les femmes venues accoucher, la direction se montre plus prudente. Le médecin directeur indique que des vérifications ont été menées auprès de certaines femmes présentes à la maternité d’attente, sans que celles-ci ne confirment les faits rapportés.

Il annonce néanmoins des mesures de sensibilisation au sein du service de maternité afin de renforcer l’accueil et la prise en charge des femmes enceintes.

« Nous allons faire la sensibilisation au niveau de notre service de maternité et parler de l’accueil des malades, des gestantes qui viennent accoucher à l’hôpital », indique-t-il.

De son côté, Emery Murhula rapporte que la direction de l’hôpital a reconnu la nécessité d’examiner la question de l’accueil des femmes en salle d’attente et d’établir les responsabilités en cas de manquements.

La Société civile appelle à un suivi des femmes enceintes

Selon Emery Murhula, la direction de l’hôpital a également insisté sur l’importance du suivi prénatal et d’une arrivée à temps dans une structure de santé, particulièrement pour les grossesses considérées comme à risque.

La Société civile de Katana dit vouloir relayer ce message auprès de la population et encourager les femmes enceintes à effectuer régulièrement leurs consultations prénatales et à se rendre suffisamment tôt dans une structure de santé en cas de besoin.

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Elle indique que plus de trois femmes enceintes auraient perdu la vie, ainsi que leurs bébés, à l’Hôpital Fomulac Katana au cours du mois d’août. Ce bilan, rapporté par la Société civile, n’est toutefois pas détaillé dans les éléments disponibles et ne permet pas, à lui seul, d’établir les causes médicales de ces décès.

La Société civile prévoit par ailleurs de retourner à l’hôpital dans environ trois mois afin d’évaluer l’évolution de la situation et les éventuels changements dans la prise en charge.

Au-delà des rumeurs, les échanges entre la Société civile et la direction de Fomulac Katana mettent ainsi en évidence la nécessité de disposer d’informations vérifiées sur les décès maternels et néonatals, tout en renforçant le dialogue entre la communauté et l’établissement de santé.

L’objectif demeure de répondre aux préoccupations de la population sans jeter l’opprobre sur l’hôpital, mais aussi de veiller à ce que toute éventuelle insuffisance dans l’accueil ou la prise en charge soit identifiée et corrigée.

Sylvie Bahati

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