Des pluies torrentielles accompagnées de grêle ont causé d’importants dégâts dans le groupement de Mbinga-Nord, en territoire de Kalehe (Sud-Kivu), dans la nuit du mardi 28 juillet 2026. Plusieurs champs ont été dévastés dans les localités de Bubale Ier, Bubale II et Kabolo Ier, compromettant les récoltes de nombreux ménages déjà fragilisés par l’insécurité et les aléas climatiques.
Selon Anicet Muganzi, habitant de Mbinga-Nord, les fortes pluies se sont abattues sur le village de Bukwija aux environs de 8 h 46, détruisant une grande partie des cultures vivrières.
« La pluie accompagnée de grêle s’est abattue ce mardi 28 juillet aux environs de 8 h 46 à Bukwija. Toutes les cultures ont été dévastées dans les champs. Les agriculteurs lancent un cri de détresse, ne sachant plus vers qui se tourner. Les atrocités avaient poussé les habitants à se déplacer et ils espéraient se relever grâce à cette saison culturale. Malheureusement, cette pluie a tout ravagé », déplore-t-il.
Selon lui, de nombreux habitants de Mbinga-Nord dépendent désormais des marchés de la ville de Goma pour s’approvisionner en manioc, alors qu’ils comptaient sur les récoltes attendues pour améliorer leur situation alimentaire.
Les cultivateurs touchés redoutent une aggravation de l’insécurité alimentaire dans cette partie du territoire de Kalehe.
Zakayo Karusha, habitant de Bukwija et cultivateur à Bubale II, affirme que les pluies ont détruit les cultures et endommagé plusieurs habitations.
« Cette pluie a endommagé nos cultures. Nous risquons de mourir de faim, car toutes nos plantes sont détruites et les rivières ont emporté une grande partie de nos champs. Nous sommes très inquiets et craignons la famine. Des maisons couvertes de tôles usées ont également été décoiffées par ce vent violent », témoigne-t-il.
Ces nouvelles intempéries surviennent alors que la saison sèche, habituellement consacrée aux travaux de préparation des champs, est déjà marquée par la prolifération de maladies affectant plusieurs cultures vivrières dans le territoire de Kalehe.
Le 13 juillet dernier, le défenseur des droits humains Rushisha Crispin, basé à Katashola, avait déjà alerté sur la détérioration des cultures dans cette partie de Mbinga-Nord. Il signalait notamment le dépérissement des plantations de manioc et de maïs, ainsi que des attaques de chenilles légionnaires sur les cultures de haricots et d’aubergines, compromettant les récoltes attendues et exposant davantage les ménages à l’insécurité alimentaire.
Selon plusieurs acteurs locaux, cette succession de catastrophes naturelles et phytosanitaires accentue la vulnérabilité des populations, dont certaines peinent encore à se relever des conséquences des conflits armés et des déplacements de population enregistrés dans cette partie du Sud-Kivu.
Face à cette situation, les habitants de Mbinga-Nord lancent un appel aux autorités et aux organisations humanitaires afin qu’une assistance soit apportée aux ménages sinistrés, qui craignent une aggravation de la faim et de la malnutrition dans les semaines à venir.
