La République démocratique du Congo continue de faire face à une recrudescence des cas de choléra. Selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 1.264 cas suspects et 77 décès ont été enregistrés au cours de la 29ᵉ semaine épidémiologique (du 13 au 19 juillet 2026) dans 16 provinces et 56 zones de santé du pays.
L’OMS indique que les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu concentrent à elles seules plus de 52 % des cas suspects recensés à l’échelle nationale. Depuis le début de l’année 2026, la RDC a notifié 106 401 cas suspects, dont 3 124 décès, soit un taux de létalité de 2,9 %.
Face à cette situation, l’OMS affirme poursuivre son appui au ministère de la Santé et aux autorités sanitaires afin de renforcer la surveillance épidémiologique, les investigations, la prise en charge des malades ainsi que la coordination de la riposte.
Au Sud-Kivu, la zone de santé de Shabunda figure parmi les zones les plus affectées.
Le médecin-chef de zone, Dr Guillaume Kyatugu, a annoncé que 385 cas de choléra, dont 34 décès, ont été enregistrés dans cette zone de santé.
Ces chiffres ont été présentés lors d’une séance d’information organisée avec l’appui de Médecins Sans Frontières (MSF) à l’intention des autorités territoriales, des prestataires de santé, de la Société Civile, de la jeunesse et des leaders communautaires.
À cette occasion, le Médecin-Chef de Zone a appelé la population de Shabunda-Centre et des localités environnantes à respecter les mesures d’hygiène, à consulter rapidement les structures sanitaires en cas de symptômes et à orienter les malades vers l’Hôpital général de référence, où la prise en charge est assurée gratuitement.
Dans le territoire de Kalehe, de nombreuses sources médicales alertent également sur une aggravation de la situation sanitaire sur l’îlot d’Ishovu, situé dans le groupement Mbinga-Sud, en chefferie de Buhavu.
Selon des informations parvenues à La Prunelle RDC, deux décès attribués au choléra ont déjà été enregistrés, dont celui, survenu dans la nuit du 25 au 26 juillet 2026 au Centre de Santé d’Ishovu.
Plusieurs autres malades sont actuellement pris en charge dans les structures sanitaires locales, qui seraient confrontées à une pénurie de médicaments.
Sur place, des habitants pointent du doigt l’absence d’accès à l’eau potable qui oblige une grande partie de la population à utiliser les eaux du lac Kivu pour les besoins domestiques, une situation qui, selon elle, favorise la propagation des maladies hydriques et expose particulièrement les enfants.
Face à cette situation, des habitants appellent les autorités sanitaires, les autorités administratives et les partenaires humanitaires à déployer rapidement une équipe de riposte, à renforcer l’approvisionnement en médicaments et à assurer un accès durable à l’eau potable afin de limiter la propagation de l’épidémie.
L’OMS renforce la riposte
À l’échelle nationale, l’OMS souligne que la circulation des personnes et des marchandises, notamment le long du corridor fluvial du Congo, accroît le risque de propagation de la maladie. Des cas suspects et des décès ont notamment été signalés à bord d’embarcations naviguant entre les provinces de la Mongala, de l’Équateur et du Maï-Ndombe.
En collaboration avec le ministère de la Santé et ses partenaires, l’organisation poursuit les actions de surveillance, de détection précoce des flambées et de sensibilisation des communautés, avec une attention particulière portée aux zones frontalières et aux principaux axes de transport.
