L’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) annonce le renforcement de ses activités médicales en République démocratique du Congo afin de soutenir la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola qui touche actuellement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans un communiqué, MSF explique que cette épidémie causée par la souche Bundibugyo évolue dans un contexte particulièrement complexe, marqué par l’insécurité persistante, les déplacements de populations et l’accès limité aux soins de santé dans plusieurs zones affectées.
« Alors que des cas suspects et confirmés continuent d’être signalés, les équipes de MSF travaillent aux côtés des autorités sanitaires nationales et provinciales afin de renforcer les capacités de prise en charge et d’isolement, les mesures de prévention et de contrôle des infections, les systèmes de surveillance et de détection précoce, ainsi que les activités d’engagement communautaire », indique l’organisation.
En Ituri, considérée comme l’épicentre de l’épidémie, MSF renforce les capacités de prise en charge des patients et gère plusieurs Centres de traitement Ebola (CTE), dont une structure de 65 lits à Mongbwalu ainsi qu’un autre centre à Bunia pouvant accueillir jusqu’à 36 patients.
L’organisation soutient également l’isolement et la prise en charge des cas suspects dans plusieurs structures sanitaires de Mongbwalu, Fataki et Bunia.
Selon les chiffres communiqués par MSF, près de 300 cas confirmés, plus de 900 cas suspects et plus de 50 décès avaient déjà été officiellement enregistrés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu entre l’annonce de l’épidémie et le 30 mai 2026. L’Ituri représente à elle seule plus de 90 % des cas suspects recensés.
Toutefois, les autorités sanitaires estiment que l’ampleur réelle de l’épidémie reste difficile à évaluer en raison des capacités limitées de dépistage et des difficultés d’accès à certaines zones affectées.
« Nous travaillons dans un contexte particulièrement difficile. Depuis deux semaines, notre capacité à acheminer des équipes et du matériel vers les zones touchées est entravée par les restrictions des déplacements aériens et terrestres. Les capacités de dépistage restent insuffisantes et des centaines d’échantillons sont encore en attente d’analyse dans les laboratoires. Les capacités d’isolement et de prise en charge demeurent également insuffisantes. Tous ces éléments ralentissent l’intensification de la riposte et alimentent des inquiétudes et des craintes légitimes au sein des communautés », explique Ewald Stals, représentant de MSF en RDC.
Ce dernier souligne également que seul un nombre limité d’organisations spécialisées, dont MSF, sont actuellement mobilisées en Ituri alors que les besoins sur le terrain dépassent largement les capacités disponibles.
Au Nord-Kivu, MSF gère un Centre de traitement Ebola de 80 lits à Goma et renforce les capacités d’isolement dans plusieurs zones où l’organisation est présente de longue date, notamment à Goma, Walikale, Mweso, Rutshuru, Butembo et dans les environs.
Au Sud-Kivu, les équipes de MSF mettent en place des Centres de traitement Ebola à Bukavu et à Lwiro tout en assurant la formation des personnels de santé sur les mesures de prévention et de contrôle des infections.
Face à l’évolution rapide de l’épidémie, MSF insiste sur l’importance d’un renforcement urgent de la riposte ainsi que d’une mobilisation accrue des partenaires afin de limiter la propagation du virus et améliorer la prise en charge des patients dans les provinces touchées.
