Ebola en RDC : Julienne Lusenge plaide auprès du directeur général de l’OMS pour une riposte centrée sur les communautés

Centre de traitement d’Ebola de Munigi

La présidente du conseil d’administration de la SOFEPADI et directrice du Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC), Julienne Lusenge, a plaidé pour une réponse plus inclusive et communautaire face à l’épidémie d’Ebola qui frappe actuellement la République démocratique du Congo.

Dans un message publié après une rencontre tenue à Kinshasa avec le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’activiste congolaise a insisté sur la nécessité d’intégrer davantage les acteurs locaux, les femmes et les communautés dans les stratégies de riposte contre Ebola.

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Selon Julienne Lusenge, les épidémies ne doivent pas être considérées uniquement comme des crises sanitaires, mais également comme des situations ayant de lourdes conséquences sociales et humanitaires, particulièrement pour les femmes et les filles.

« J’ai saisi cette occasion pour rappeler que les épidémies ne sont pas seulement des crises sanitaires. Elles ont aussi des conséquences profondes sur les communautés, en particulier sur les femmes et les filles », a-t-elle déclaré.

Au cours de cet échange avec le patron de l’OMS, Julienne Lusenge a articulé son plaidoyer autour de trois principales priorités.

La première concerne le financement direct des acteurs locaux engagés dans les communautés affectées par Ebola. Elle estime que les organisations communautaires, les structures de femmes ainsi que les leaders locaux doivent être considérés comme des partenaires stratégiques dans la gestion des épidémies.

« Les organisations communautaires, les organisations de femmes et les leaders locaux doivent être reconnus comme des partenaires stratégiques. Leur financement direct permet une réponse plus rapide, plus adaptée aux réalités du terrain et fondée sur la confiance des populations », a-t-elle soutenu.

La directrice du Fonds pour les Femmes Congolaises a également insisté sur l’importance de placer les communautés au centre même de la riposte sanitaire. Selon elle, les mesures de santé publique deviennent plus efficaces lorsque les populations participent activement à leur conception et à leur mise en œuvre.

Elle souligne notamment le rôle essentiel des leaders religieux et communautaires dans la lutte contre la désinformation autour de la maladie à virus Ebola.

« Les mesures de santé publique sont plus efficaces lorsque les communautés participent à leur conception et à leur mise en œuvre. Les leaders religieux et communautaires jouent également un rôle essentiel dans la lutte contre la désinformation », a-t-elle expliqué.

Enfin, Julienne Lusenge a alerté sur les risques accrus de violences basées sur le genre pendant les périodes d’épidémie. Elle appelle ainsi à renforcer les mécanismes de protection des femmes et des filles dans les zones touchées par Ebola.

Selon elle, les réponses sanitaires doivent intégrer la protection, la santé sexuelle et reproductive ainsi que le soutien psychosocial pour les personnes affectées.

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« Les épidémies augmentent souvent les risques de violences basées sur le genre, d’exploitation et d’exclusion des services essentiels. La réponse à Ebola doit intégrer la protection, la santé sexuelle et reproductive ainsi que le soutien psychosocial », a-t-elle insisté.

Pour Julienne Lusenge, une riposte durable et efficace contre Ebola passe avant tout par « l’écoute, la confiance et l’investissement dans celles et ceux qui sont en première ligne au sein des communautés ».

Cette rencontre intervient alors que la RDC fait face à la 17e épidémie d’Ebola, avec plusieurs zones touchées notamment dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Jean-Luc M.

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