L’épidémie de la maladie à virus Ebola continue de progresser en République démocratique du Congo, où les autorités sanitaires ont déjà enregistré 101 cas confirmés et 904 cas suspects au 23 mai 2026, selon le dernier rapport du ministère congolais de la Santé publié le 24 mai.
Face à cette évolution inquiétante, le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences de l’insécurité persistante dans les zones touchées, particulièrement dans la province de l’Ituri, épicentre actuel de l’épidémie.
« À mesure que les efforts de surveillance ont été intensifiés dans la réponse à l’Ebola en RDC, plus de 900 cas suspects ont été identifiés jusqu’à présent, dont 101 cas confirmés », a déclaré le patron de l’OMS.
Selon lui, près de cinq millions de personnes vivent actuellement dans un contexte de conflit armé permanent en Ituri, compliquant considérablement les opérations sanitaires et humanitaires.
« Aujourd’hui, une personne sur quatre a besoin d’une assistance humanitaire et une sur cinq est déplacée à l’intérieur de son propre pays », a-t-il précisé.
L’OMS estime que les violences armées et les déplacements massifs des populations constituent l’un des principaux obstacles à la riposte contre Ebola.
« La violence force les gens à fuir, y compris les travailleurs de la santé et humanitaires. Cela entrave sévèrement les efforts pour intensifier la recherche des contacts Ebola et identifier les infections assez tôt pour fournir des soins de soutien », a ajouté Tedros Adhanom Ghebreyesus.
L’organisation onusienne souligne également que l’insécurité alimente la peur et la méfiance des communautés envers les équipes de riposte, compliquant davantage les activités de sensibilisation et de surveillance épidémiologique.
Malgré ces difficultés, l’OMS et ses partenaires maintiennent leurs interventions dans plusieurs zones affectées, y compris dans certaines localités difficiles d’accès.
Les partenaires du Cluster Santé soutiennent notamment les soins maternels, reproductifs et infantiles, le traitement de la malnutrition aiguë sévère, les services de santé mentale, la prise en charge des survivants de violences sexuelles, l’immunisation de routine ainsi que les services communautaires de santé.
« Fournir un ensemble complet de services de soins de santé est essentiel, non seulement pour répondre aux besoins urgents, mais aussi pour bâtir la confiance qui est cruciale pour une réponse efficace à Ebola », insiste le directeur général de l’OMS.
Selon le rapport du ministère de la Santé, l’épidémie reste active dans trois provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, avec onze zones de santé touchées.
En Ituri, les zones concernées sont Aru, Bunia, Kilo, Mongbwalu, Nizi, Nyankunde et Rwampala. Au Nord-Kivu, les cas sont signalés à Butembo, Goma et Katwa, tandis qu’au Sud-Kivu, la zone de santé de Miti-Murhesa reste touchée.
Les autorités sanitaires indiquent que dix décès confirmés et 119 décès suspects ont déjà été enregistrés depuis le début de l’épidémie. Aucun patient guéri n’a encore été officiellement signalé.
Le rapport relève également de grandes difficultés dans le suivi des contacts. Sur 1745 contacts identifiés, seuls 351 ont été suivis quotidiennement, soit un taux global de suivi de 20 %.
« 1394 contacts n’ont pas été vus, dont 1294 ne se sont pas présentés et restent à suivre le jour suivant », précise le document officiel.
Les autorités sanitaires poursuivent néanmoins les activités de dépistage, de sensibilisation et de contrôle sanitaire dans plusieurs points d’entrée et postes de contrôle, notamment à Bunia, Rwampala, Tchomia, Nyankunde, Mongbwalu et Aru.
Au laboratoire de Bunia, 418 échantillons ont déjà été reçus, dont 211 analysés. Pour la seule journée du 23 mai, 70 échantillons ont été testés, comprenant 58 prélèvements sanguins et 12 écouvillons.
Face à cette situation, le gouvernement congolais appelle la population à renforcer la vigilance et à respecter strictement les mesures de prévention.
Le ministère de la Santé rappelle que tout symptôme ou cas suspect doit être signalé immédiatement au numéro vert gratuit 151, accessible 24 heures sur 24.
