Les ministres de la Santé de la République démocratique du Congo (RDC), de l’Ouganda et du Soudan du Sud ont adopté, vendredi 23 mai 2026 à Kampala, une série d’engagements communs visant à renforcer la coordination régionale face à l’épidémie d’Ebola souche Bundibugyo qui continue de progresser dans plusieurs provinces de l’Est de la RDC et représente désormais une menace sanitaire régionale majeure.
Cette réunion ministérielle de haut niveau sur la coordination transfrontalière relative à l’épidémie d’Ebola Bundibugyo s’est tenue du 22 au 23 mai 2026 dans la capitale ougandaise sous le thème : « Solidarité régionale, préparation et réponse coordonnée ».
Elle a réuni les ministres de la Santé des trois pays concernés, le Directeur Général d’Africa CDC, des représentants de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’UNICEF, du Fonds des Nations unies pour la population, ainsi que plusieurs partenaires techniques, humanitaires et de développement.
Dans leur communiqué final, les participants rappellent que la maladie à virus Ebola demeure une menace majeure de santé publique avec des conséquences sanitaires, humanitaires, sociales et économiques importantes pour les pays touchés et l’ensemble de la région des Grands Lacs.
« La maladie à virus Ebola demeure une menace majeure de santé publique avec de graves conséquences sanitaires, humanitaires, sociales et économiques pour les pays affectés et la région », souligne le communiqué.
Les délégations se disent particulièrement préoccupées par l’évolution de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo déclarée par Africa CDC le 15 mai 2026, conformément à son mandat continental, après l’apparition de cas impliquant plusieurs pays de la région.
Les participants rappellent également que les gouvernements de la RDC et de l’Ouganda avaient eux aussi officiellement déclaré l’épidémie le même jour.
Selon le communiqué, la situation épidémiologique au 22 mai 2026 reste préoccupante avec une transmission confirmée du virus dans les provinces congolaises de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Les autorités sanitaires signalent également une augmentation des cas suspects et confirmés, la persistance des chaînes de transmission ainsi que des mouvements transfrontaliers documentés impliquant l’Ouganda et d’autres pays voisins.
« Nous notons avec préoccupation la transmission confirmée dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, l’augmentation du nombre de cas suspects et confirmés ainsi que la persistance des chaînes de transmission », indiquent les participants.
Les responsables sanitaires reconnaissent que la porosité des frontières, les importants corridors commerciaux et miniers, les déplacements massifs de populations, l’insécurité dans certaines zones affectées ainsi que les limites des capacités de surveillance sanitaire accentuent les risques de propagation régionale du virus.
La réunion a toutefois salué les efforts déjà fournis par les gouvernements concernés, les agents de santé de première ligne, les équipes d’intervention rapide, les laboratoires, les acteurs humanitaires et les communautés engagées dans les opérations de préparation et de riposte.
Les participants ont également rappelé les obligations des États membres dans le cadre du Règlement sanitaire international de 2005 ainsi que les engagements africains visant à renforcer les systèmes régionaux de sécurité sanitaire.
Les ministres ont par ailleurs exprimé leur reconnaissance envers le président ougandais Yoweri Museveni et le gouvernement ougandais pour avoir accepté d’accueillir à Kampala le siège élargi des opérations de l’Équipe de soutien à la gestion des incidents (IMST) d’Africa CDC pour les pays affectés et à risque.
Au terme des travaux, douze engagements majeurs ont été adoptés afin de renforcer la riposte régionale.
Les trois pays se sont notamment engagés à renforcer les systèmes coordonnés de surveillance transfrontalière, la surveillance basée sur les événements, la recherche conjointe des contacts, la recherche active des cas ainsi que le partage en temps réel des informations sanitaires entre les pays.
« Nous nous engageons à renforcer les systèmes coordonnés de surveillance transfrontalière, la recherche conjointe des contacts et le partage en temps réel des informations entre la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud », précise le communiqué.
Des réunions régulières de coordination transfrontalière ainsi que des mécanismes harmonisés de rapportage seront également mis en place.
Les participants ont aussi décidé d’harmoniser les mesures sanitaires aux points d’entrée officiels et non officiels, notamment à travers le dépistage des voyageurs, la gestion des alertes sanitaires, les mécanismes de référence des cas suspects ainsi que le suivi des mouvements de populations le long des corridors considérés comme à haut risque.
La protection des agents de santé de première ligne, des déplacés, des communautés minières et des populations frontalières a également été identifiée comme une priorité.
Les ministres ont insisté sur l’importance de renforcer les campagnes de sensibilisation communautaire afin d’améliorer la confiance des populations envers les équipes de riposte et lutter contre les rumeurs et la désinformation.
Le communiqué souligne à cet effet le rôle essentiel des leaders communautaires, des organisations de la société civile, des médias, des femmes, des jeunes ainsi que des responsables religieux dans la réussite des opérations de prévention et de lutte contre Ebola.
« Nous reconnaissons le rôle central des leaders communautaires, de la société civile, des médias et des réseaux locaux dans la promotion de la sensibilisation du public et de la confiance communautaire pendant les opérations de riposte », déclarent les participants.
Les pays participants se sont également engagés à renforcer les capacités des laboratoires à travers la décentralisation des outils de diagnostic, l’amélioration du transport des échantillons biologiques, le développement du séquençage génomique ainsi que l’interconnexion des systèmes d’information sanitaire.
Au niveau médical, les États prévoient de renforcer les capacités de prise en charge clinique, les dispositifs de triage, les mesures de prévention et contrôle des infections (PCI), les services d’eau, d’hygiène et d’assainissement (WASH), les capacités d’isolement ainsi que les enterrements dignes et sécurisés dans les zones affectées.
La réunion a également insisté sur la nécessité urgente de mobiliser des financements supplémentaires pour soutenir les plans nationaux de préparation et de riposte.
Les États membres, partenaires techniques, bailleurs de fonds, organisations humanitaires et acteurs du secteur privé ont été appelés à fournir un soutien financier, logistique et opérationnel afin de renforcer les systèmes de surveillance, les laboratoires, les activités de communication des risques, la prévention des infections et les capacités du personnel sanitaire.
Les ministres ont en outre réaffirmé leur engagement en faveur d’un leadership politique fort, de la transparence, de la collaboration multisectorielle et de la solidarité régionale afin de contenir l’épidémie, prévenir sa propagation et protéger la stabilité socio-économique de la région.
« Nous réaffirmons notre engagement en faveur d’un leadership politique soutenu, de la transparence, de la collaboration multisectorielle et de la solidarité régionale afin de contenir l’épidémie et prévenir sa propagation régionale », conclut le communiqué.
Les participants ont enfin souligné l’importance d’investir durablement dans des systèmes de santé résilients, les ressources humaines, les réseaux régionaux de laboratoires et les mécanismes de coordination des urgences sanitaires afin de renforcer la sécurité sanitaire collective du continent africain face aux futures épidémies.
Dans leur déclaration finale, les participants ont salué le travail des agents de santé, des communautés et des partenaires engagés dans la lutte contre Ebola, tout en exprimant leur gratitude au gouvernement et au peuple ougandais pour l’accueil de cette réunion stratégique à Kampala.
