Le gouvernement congolais mise sur le Couloir vert Kivu-Kinshasa pour faire de la protection de l’environnement un levier de développement économique et social. Présentant les ambitions de ce vaste programme, la ministre de l’Environnement, Marie Nyange, a expliqué que cette initiative prévoit notamment la construction de routes, la modernisation des infrastructures portuaires, le développement de l’agriculture durable et un mécanisme de financement destiné aux communautés locales.
S’exprimant devant la presse le 7 juillet 2026, la ministre a souligné que le projet repose sur un principe central : concilier la préservation des ressources naturelles avec l’amélioration des conditions de vie des populations.
« Le Couloir vert va apporter un grand changement sur le plan économique et social, car ces deux aspects marchent de pair », a déclaré Marie Nyange.
Sur le volet des infrastructures, la ministre a annoncé la mise en place d’un corridor routier reliant l’Est de la République démocratique du Congo à Kisangani. Selon elle, les travaux de construction sont déjà engagés. Une fois ce tronçon achevé, le corridor sera prolongé jusqu’à Kinshasa par voie fluviale grâce à la modernisation des infrastructures portuaires.
« On pourra partir de l’Est jusqu’à Kisangani par route et, à partir de Kisangani, nous allons aménager des ports au vrai sens du terme jusqu’à Kinshasa », a-t-elle expliqué.
Pour le gouvernement, ces investissements devraient générer d’importantes retombées économiques. La construction des routes et des ports devrait créer de nombreux emplois, tandis que les nouvelles activités économiques attendues le long du corridor permettront aux populations riveraines d’améliorer leurs revenus.
Marie Nyange a également mis en avant le recours aux marchés carbone comme principal mécanisme de financement du projet. Elle a assuré que la réglementation prévoit qu’au moins 30 % des revenus issus de ces financements reviennent directement aux communautés locales.
« Nous irons chercher les financements à travers les marchés carbone et nous assurerons le suivi afin que la part destinée aux communautés leur revienne effectivement », a-t-elle affirmé.
Au-delà des infrastructures, le programme prévoit aussi le développement de l’agriculture durable, de l’agroforesterie et d’autres activités économiques respectueuses de l’environnement. L’objectif est de bâtir une économie verte capable de créer des richesses tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre et en préservant les écosystèmes.
La ministre a rappelé que cette initiative bénéficie d’un soutien particulier du Président de la République, qui souhaite améliorer les conditions de vie des populations rurales afin de limiter l’exode vers les grands centres urbains.
« Lorsque les conditions de vie s’améliorent dans les zones rurales, les populations n’ont plus besoin de rejoindre les grandes villes. Aujourd’hui, en regardant Kinshasa, nous comprenons que l’intérieur du pays connaît de sérieuses difficultés. Ce programme doit permettre aux communautés de vivre dignement là où elles se trouvent », a-t-elle indiqué.
À travers le Couloir vert Kivu-Kinshasa, le gouvernement ambitionne ainsi de faire de la conservation des forêts un véritable moteur de développement durable, en combinant infrastructures modernes, création d’emplois, agriculture durable, économie verte et amélioration des conditions de vie des communautés locales.
