Une cinquantaine d’acteurs de la société civile, de jeunes leaders et de délégués d’organisations écologiques ont pris part, ce vendredi 12 juin 2026 à Goma, à un atelier de sensibilisation consacré à la lutte contre la désinformation environnementale. Organisée par le Club RFI Goma sous le thème « DESINFOX Jeunesse : Mégaphone de la nature », cette rencontre a mis en lumière les liens entre l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI), la protection de l’environnement et la consolidation de la paix au Nord-Kivu.
Les échanges se sont déroulés dans la salle du Lycée Amani, avec pour objectif de renforcer l’esprit critique des jeunes face aux fausses informations qui circulent, notamment sur les réseaux sociaux, et qui peuvent compromettre les initiatives de protection de la nature ainsi que les efforts de cohésion sociale.
La journée a débuté par une immersion dans les enjeux de la conservation de la biodiversité grâce à une intervention de Vianney Harakandi, chargé du tourisme au Parc national des Virunga. Celui-ci a rappelé l’importance de préserver ce patrimoine mondial de l’UNESCO dans un contexte marqué par de multiples défis sécuritaires et environnementaux.
Prenant la parole, Maître Bashwira Zacharie, coordinateur du Club RFI Goma, a expliqué que cette initiative répond à la fois aux défis climatiques et aux enjeux de paix auxquels fait face la région.
« L’idée s’inscrit dans la continuité de la Journée mondiale de l’environnement. Nous avons voulu mutualiser les efforts pour lutter contre une désinformation qui touche tous les secteurs. Au Nord-Kivu, la fausse information est un obstacle majeur à la paix. Si la population apprend à avoir un esprit critique face aux réseaux sociaux, si elle s’interroge sur l’utilité et la véracité d’un message avant de le partager, nous stimulons alors une cohabitation pacifique », a-t-il déclaré.
L’expert invité, Fidèle Kitsa, a pour sa part analysé les mécanismes de la mésinformation et de la mal-information qui affectent également le secteur environnemental.
Selon lui, les rumeurs et les informations trompeuses ne nuisent pas seulement à la réputation des institutions ou des individus, mais compromettent aussi les efforts de protection des écosystèmes.
« Nous vivons dans une région où des actions vitales sont entreprises pour protéger la nature, mais des fausses informations tentent de court-circuiter ces initiatives. C’est un véritable fléau qui désoriente les décideurs et décourage les partenaires. La lutte contre le changement climatique est collective ; quand la confusion s’installe, c’est notre planète qui est en danger. Nous formons ces dirigeants communautaires pour qu’ils deviennent des ambassadeurs capables de freiner cette propagation », a-t-il expliqué.
Parmi les participants, plusieurs jeunes ont exprimé leur volonté de relayer les bonnes pratiques acquises au cours de cette formation.
Étudiante à l’Université Catholique La Sapientia et artiste, Lysa Bindu a confié avoir pris conscience de l’importance de vérifier les informations avant de les diffuser.
« C’est une thématique qui mérite d’être portée au-delà des responsables d’organisations, jusque dans la communauté. Désormais, avant de véhiculer un message, je vérifierai systématiquement qui publie, pourquoi et avec quelles intentions. En tant qu’artiste, je m’engage à utiliser mon art comme canal pour transmettre ces notions de lutte contre la désinformation. L’information circule plus vite qu’un virus ; nous devons veiller à ne pas être des agents vecteurs de l’intoxication de notre propre communauté », a-t-elle affirmé.
Profitant de cette rencontre, le Club RFI Goma a également présenté « Bivert », une application mobile conçue pour détecter les rumeurs environnementales et permettre aux citoyens de vérifier en temps réel la fiabilité des informations qu’ils reçoivent ou souhaitent partager.
Selon Maître Bashwira Zacharie, cet outil technologique contribuera à pérenniser les acquis de cette sensibilisation et à promouvoir un usage responsable de l’information au service de la protection de l’environnement et de la paix.
L’atelier s’est clôturé dans une ambiance marquée par l’enthousiasme et l’engagement des participants. Lors de la séance de questions-réponses, les échanges ont été nourris par des témoignages et des propositions d’actions concrètes pour lutter contre ce que plusieurs intervenants ont qualifié de « fléau » de la désinformation.
De nombreux participants ont pris l’engagement de devenir de véritables ambassadeurs de l’éducation aux médias et de la protection de l’environnement au sein de leurs communautés, convaincus que la lutte contre les fausses informations constitue également un levier de consolidation de la paix au Nord-Kivu.
