Sud-Kivu : pénurie de carburant et de produits pharmaceutiques à Mwenga et Shabunda après des restrictions imposées sur les axes routiers

Les habitants de plusieurs localités des territoires de Mwenga et de Shabunda, au Sud-Kivu, font face à une flambée des prix du carburant et à une raréfaction inquiétante des produits pharmaceutiques. En cause, l’interdiction du passage de certains produits vers les zones sous contrôle du gouvernement central, dénoncée par la société civile locale.

Selon la Société civile Forces vives du territoire de Mwenga, cette mesure aurait été instaurée depuis le 24 mai 2026 par l’AFC-M23 à travers l’érection de barrières à Mushweshwe et Burhuza, dans le territoire de Walungu, ainsi qu’à Kasika, dans le territoire de Mwenga. D’après cette structure citoyenne, cette décision affecte principalement les populations vivant dans les zones restées sous contrôle du gouvernement central.

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Les conséquences se font déjà sentir dans plusieurs agglomérations. À Mwenga, le prix d’un litre d’essence est passé de 7.000 à 10.000 francs congolais. À Kamituga, il est passé de 10.000 à 12.000 francs congolais, tandis qu’à Lugushwa, il a grimpé de 12.000 à 20.000 francs congolais.

Cette hausse du coût du carburant perturbe fortement les activités socio-économiques. La circulation des motos devient de plus en plus difficile, les moulins fonctionnent au ralenti et plusieurs structures sanitaires éprouvent des difficultés à assurer leurs services.

Au-delà du carburant, la pénurie des médicaments suscite une vive inquiétude. Selon la société civile, plusieurs zones de santé touchées par ces restrictions sont déjà confrontées à des maladies épidémiques telles que le choléra et la rougeole.

« Le manque de produits pharmaceutiques est à la base de plusieurs cas de décès de civils innocents enregistrés dans différentes structures sanitaires des zones concernées, sous contrôle du gouvernement central », affirme la société civile de Mwenga.

La structure estime que cette situation constitue une violation grave des droits humains et du droit international humanitaire, mettant directement en danger la vie des populations civiles.

Dans son plaidoyer, elle évoque notamment l’article 3 commun aux Conventions de Genève du 12 août 1949, l’article 14 du Protocole additionnel relatif à la protection des populations civiles, l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que la résolution 2286 du Conseil de sécurité des Nations unies sur la protection des services de santé en période de conflit.

Face à cette crise, le Bureau de coordination de la Société civile Forces vives du territoire de Mwenga condamne fermement cette décision et appelle la communauté internationale à intervenir rapidement afin d’obtenir la levée de ces restrictions.

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Cette nouvelle alerte intervient dans un contexte où plusieurs territoires du Sud-Kivu demeurent fragilisés par les conséquences des conflits armés persistants dans l’est de la République démocratique du Congo, aggravant davantage les besoins humanitaires des populations déjà vulnérables.

Brigitte Furaha

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