La réouverture progressive des frontières entre la République démocratique du Congo et le Rwanda redonne un nouvel élan aux activités économiques transfrontalières à Goma. Toutefois, le renforcement des mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola rallonge les délais de passage à la Petite Barrière, où les voyageurs doivent désormais se soumettre à un contrôle sanitaire systématique.
Selon le constat effectué par un reporter de La Prunelle RDC, une longue file d’attente se forme chaque jour devant ce poste frontalier, fréquenté notamment par les petits commerçants et les habitants qui traversent régulièrement la frontière. Malgré l’interdiction des attroupements décidée par les autorités pour limiter la propagation du virus, les contrôles sanitaires ralentissent considérablement la circulation.
Lire aussi : Ebola à Beni : la zone de santé d’Oïcha enregistre son premier patient guéri
Chaque voyageur est soumis à une prise de température, à un lavage obligatoire des mains et, dans certains cas, à des questions complémentaires menées par les équipes de surveillance sanitaire. Ces mesures visent à détecter rapidement d’éventuels cas suspects d’Ebola et à prévenir toute propagation de la maladie.
Cette nouvelle organisation ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs commerçants regrettent les longues attentes qui perturbent leurs activités quotidiennes.
« Nous passons beaucoup plus de temps qu’avant, ce qui freine la rapidité de nos activités », témoigne Éric, un commerçant qui emprunte régulièrement cet axe frontalier.
D’autres habitants saluent néanmoins la réouverture des frontières, qu’ils considèrent comme essentielle à la reprise des échanges économiques entre Goma et Gisenyi. Ils estiment que cette décision apporte un soulagement à de nombreuses familles dont les revenus dépendent du commerce transfrontalier.
Cependant, certains usagers s’interrogent sur les effets des longues files d’attente imposées par les contrôles sanitaires.
« En nous obligeant à attendre en file indienne pendant de longues minutes, ne risque-t-on pas de favoriser les conditions propices à la propagation du virus ? », s’interroge Mme Mpama, préoccupée par la promiscuité observée au niveau du poste frontalier.
Pour encadrer cette reprise, les autorités ont fixé des horaires d’ouverture précis. La Petite Barrière est ouverte de 6 heures à 18 heures, tandis que la Grande Barrière accueille les voyageurs de 6 heures à minuit.
Lire aussi : Ebola en RDC : 710 cas confirmés et 149 décès enregistrés au 12 juin
Entre reprise des activités économiques et impératif de santé publique, les autorités locales cherchent ainsi à trouver un équilibre. Les contrôles sanitaires demeurent au cœur de la stratégie de prévention contre Ebola, alors que la gestion des flux aux frontières constitue un enjeu majeur pour préserver à la fois la sécurité sanitaire et la fluidité des échanges.
