Face à l’épidémie de maladie à virus Ebola, l’épidémiologiste Jules Kasereka Vayikehya appelle les autorités et la population du Nord-Kivu à renforcer les précautions lors de la manipulation des dépouilles. Il estime que les personnes ayant été en contact avec des corps testés positifs doivent faire l’objet de mesures appropriées afin de limiter les risques de transmission.
L’épidémiologiste Jules Kasereka Vayikehya alerte sur les risques liés à la manipulation des dépouilles dans le contexte actuel de l’épidémie d’Ebola au Nord-Kivu. Il appelle les autorités à prendre des mesures fermes à l’égard des personnes qui manipuleraient des corps de personnes décédées d’Ebola avant de continuer à circuler dans la communauté.
Selon lui, de telles pratiques peuvent exposer d’autres personnes à un risque de contamination.
« C’est irresponsable de la part des autorités de l’État de siège. Quelqu’un qui expose à une très grande hauteur la population ne devrait pas se retrouver libre », dénonce-t-il.
Pour cet épidémiologiste, les personnes concernées devraient être mises à l’écart, notamment afin de prévenir d’éventuelles contaminations et de décourager la répétition de comportements à risque.
« On devrait les mettre en quarantaine, non seulement pour les empêcher de contaminer les autres, mais aussi pour dissuader tous ceux qui pourraient être animés de ce genre de barbarie », insiste-t-il.
Éviter de manipuler ou laver les corps
Au-delà de la période épidémique actuelle, Jules Kasereka Vayikehya estime que certaines pratiques traditionnelles autour des dépouilles devraient être abandonnées lorsqu’elles présentent un risque sanitaire.
Il recommande notamment d’éviter de manipuler, laver ou embrasser un corps lorsque la cause du décès n’est pas connue.
« Tant qu’on ne connaît pas de quoi une personne est morte, on devrait prendre les précautions nécessaires : ne pas manipuler le corps, ne pas le laver et ne pas l’embrasser », conseille-t-il.
L’objectif est, selon lui, d’éviter qu’une personne décédée d’une maladie transmissible puisse devenir une source de contamination pour les proches, les personnes chargées de la toilette mortuaire ou d’autres membres de la communauté.
Consulter rapidement en cas de symptômes
L’épidémiologiste appelle également la population à ne pas attendre en cas de fièvre ou d’autres signes pouvant évoquer une maladie infectieuse.
Il encourage les personnes présentant des symptômes à se rendre rapidement dans une structure sanitaire et déconseille l’automédication, qui peut retarder le diagnostic et la prise en charge.
Pour lui, la vigilance communautaire demeure essentielle dans la lutte contre Ebola, notamment à travers le signalement rapide des cas suspects et le respect des mesures de prévention communiquées par les équipes sanitaires.
Des rassemblements à éviter
Jules Kasereka Vayikehya salue par ailleurs la décision de la structure de Kyanda de reporter sa conférence annuelle qui devait réunir plusieurs milliers de personnes à Butembo.
Il considère cette décision comme une mesure responsable dans un contexte où les grands rassemblements peuvent compliquer les efforts de prévention et de surveillance épidémiologique.
« En tant que responsables, nous ne pouvons pas organiser une telle activité dans une ville avec plusieurs milliers de personnes, parce que nous serions en contradiction avec les mesures de prévention et de lutte contre l’épidémie », explique-t-il.
L’épidémiologiste invite ainsi les responsables communautaires, les autorités et la population à faire preuve de responsabilité et à accompagner les mesures mises en place pour limiter la propagation de la maladie à virus Ebola.
