Sud-Kivu : découvrez la coopérative AGREECO, derrière le café bio « Kivu Fresh Coffee »

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La café arabica est cultivé à Minova. Ph. Laprunellerdc.info

La République démocratique du Congo est parmi les premiers pays produisant le café arabica et robusta, d’une saveur de très haute qualité et très apprécié sur l’échiquier international. Mais la production de café est en risque en Afrique et plus particulièrement en RDC, suite aux multiples conflits armés dans différentes zones, mais aussi la hausse de la température, les mauvais temps et les catastrophes qui menacent les flancs de montagne où ce café est cultivé.

C’est dans ce contexte assez difficile que travaille la coopérative AGREECO [Agriculture pour l’Émergence Économique au Congo], que Laprunellerdc.info a rencontré à Minova, dans le groupement de Buzi, en territoire de Kalehe au Sud-Kivu.

AGREECO, l’une de plus grandes coopératives œuvrant dans la filière du café au Sud-Kivu, produit le café bio en poudre « Kivu Fresh Coffee », consommé localement et dans différentes grandes villes du pays.

Dans cet entretien avec Laprunellerdc.info, Lebon Byalenga, Directeur général de AGREECO, explique les difficultés auxquels font face les producteurs locaux de café, mas aussi l’impact de la culture du café sur l’économie de la province.

LaPrunelleRDC: Lebon Byalenga, Bonjour. Parlez-nous de la coopérative AGREECO

Lebon Byalenga : AGREECO est une société créée depuis 2020 et qui a son propre siège à Minova en province du Sud-Kivu ; Nous nous sommes mis ensemble avec des associés on a pensé comment il fallait aussi contribuer aussi au développement de notre milieu. On a mis sur pied cette société qui est dans le secteur agricole et plus particulièrement la filière du café.

Lors de sa création, notre société s’était limitée dans la vente du café en parche. Mais après, nous avons pensé qu’il fallait aller au-delà de ça et susciter les gens du Kivu, particulièrement ceux de Kalehe, étant donné que le café du Kivu a une renommée mondiale.

Et où est-ce que vous en êtes actuellement ?

Nous sommes entrés dans le processus de transformation, pour que ces mêmes personnes qui cultivent ce café commencent à le consommer. Parce ce que Kalehe et Minova c’est un lieu de référence en ce qui concerne la culture du café. Il y a ici des champs de caféiers, et nous-mêmes, nous avons des plantations. C’est pourquoi nous trouvons des grandes quantités de café. 

Comment vous arrivez à obtenir un café en poudre de bonne qualité ?

Le processus commence d’abord dans les champs. Pour avoir un bon café il faut d’abord qu’on ait fait le sarclage, et qu’il soit cultivé dans un bon sol. Il faut aussi voir le temps qui a été mis entre la cueillette jusqu’au dépulpage. Il y a aussi une série de transformations avant d’arriver au séchage. Lors de l’entreposage, on doit aussi tenir compte de la température, c’est-à-dire faire attention à l’humidité. Dans nos machines, on parvient enfin au café vert, puis le produit en poudre que la population consomme.

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Ce café a-t-il un impact sur l’économie ?

Le café a un impact très positif sur l’économie, parce que procure d’abord de l’argent aux producteurs. Cet argent aide pour la survie leurs ménages, et ça leur permet de réaliser certains projets. Et cela renforce l’économie de la province, même s’il n’est pas malheureusement cultivé dans plusieurs entités. L’avancement de ce genre de coopérative aidera progressivement à en finir avec le chômage, et les recettes seront générées par les services étatiques qui vont percevoir des taxes.

Et sur la santé ?

Au niveau de la santé, le café a nombreux avantages. Ça résout plusieurs problèmes sanitaires, contrairement à ce que les gens disent et pensent. C’est à dire il y a un mythe au niveau du café que ce sont juste les vieux qui consomment le café et que c’est à la base de palpitations. Mais c’est faux, parce que les gens ne sont pas informés sur la manière dont il est traité.

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Avez-vous eu quelques succès depuis la création de AGREECO ?

Nous avons déjà plusieurs réalisations. Certains fonds que nous recevons sont orientés vers les mamans qui reçoivent des crédits dans l’objectif de relever leur économie. C’est en particulier les mamans qui sont dans le secteur agricole. Nous sommes également fiers d’avoir mis sur pied ce produit, Kivu Fresh Coffee, dont la plupart des consommateurs locaux apprécient déjà.

Vous rencontrez certainement plusieurs défis

Oui, parce que le café demande beaucoup de moyens pour arriver à avoir des résultats. Aussi, les gens ne comprennent pas toujours qu’il tient l’économie du milieu. Par ailleurs, le traitement demande un certain nombre de matériels qui ne sont pas produits localement, et qui doivent être importés. C’est notamment les emballages et les machines, et tout ceci pose souvent problème.

Quel message lancez-vous aux cultivateurs et à toute la population du Sud-Kivu, particulièrement celle de Minova ?

J’encourage la population à refaire le champ, tout sachant qu’à part le manioc et les bananerais, qui présentent souvent des maladies, ils peuvent également s’investir dans la culture du café, qui a un intérêt non seulement local, mais aussi national et international.

Propos recueillis par Freddy Ruvunangiza

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