Ebola en RDC et en Ouganda : l’OMS décrète une urgence sanitaire internationale face à la propagation du virus Bundibugyo

Les États-Unis ont quitté l'OMS suite à un décret de Donald Trump invoquant l'inefficacité de l'agence face aux crises précédentes. Ce retrait entraîne la suspension de 18 % du budget de l'organisation et le non-paiement de 260 millions de dollars de... Denis Balibouse

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré le 16 mai 2026 une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) à la suite de l’épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo qui touche actuellement la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Cette décision intervient alors que les autorités sanitaires congolaises et ougandaises tentent de contenir une flambée jugée préoccupante dans un contexte sécuritaire et humanitaire particulièrement fragile.

Selon les informations publiées par l’OMS, l’alerte initiale a été donnée le 5 mai 2026 après l’apparition d’une maladie inconnue à forte mortalité dans la zone de santé de Mongbwalu, en province de l’Ituri, dans l’Est de la RDC. Plusieurs décès, dont ceux de quatre agents de santé en seulement quatre jours, avaient alors été signalés.

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Après des investigations menées dans les zones de santé de Mongbwalu et de Rwampara, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa a confirmé le 15 mai 2026 la présence du virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola. Huit échantillons sur treize analysés se sont révélés positifs. Le gouvernement congolais a officiellement déclaré la 17e épidémie d’Ebola dans le pays le même jour.

D’après l’OMS, au 15 mai 2026, au moins 246 cas suspects et 80 décès avaient déjà été recensés dans les zones de santé de Rwampara, Mongbwalu et Bunia, tandis que 24 cas suspects étaient placés en isolement. Les autorités sanitaires signalent également plusieurs décès communautaires suspects dans d’autres zones de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Le premier cas suspect connu concernait un agent de santé ayant développé des symptômes le 24 avril 2026, notamment de la fièvre, des vomissements, des saignements et une grande faiblesse. Le patient est décédé dans un centre médical de Bunia.

L’épidémie s’est également étendue à l’Ouganda voisin. Le ministère ougandais de la Santé a confirmé le 15 mai un premier cas importé depuis la RDC après le décès d’un ressortissant congolais à Kampala. Un second cas importé a ensuite été détecté le 16 mai dans la capitale ougandaise. Selon les autorités sanitaires, aucune transmission locale n’a toutefois été confirmée à ce stade en Ouganda.

L’OMS explique que cette flambée représente un risque majeur en raison de la mobilité des populations dans la région de l’Ituri, zone minière et commerciale située à proximité de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Les mouvements de population, l’insécurité persistante ainsi que les difficultés d’accès compliquent les opérations de surveillance et de suivi des contacts.

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Les autorités sanitaires redoutent particulièrement la propagation du virus dans un contexte marqué par les déplacements massifs des populations et les violences armées dans l’Est de la RDC. L’OMS souligne notamment que plus de 273 000 personnes déplacées vivent actuellement en Ituri et que près de 1,9 million de personnes y nécessitent une assistance humanitaire.

Contrairement à d’autres formes du virus Ebola, il n’existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement spécifique contre la souche Bundibugyo. L’OMS rappelle cependant qu’une prise en charge précoce améliore considérablement les chances de survie des patients.

Le virus se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques, les objets contaminés ou les personnes infectées présentant des symptômes. Les premiers signes incluent notamment la fièvre, les douleurs musculaires, la fatigue intense, les maux de tête, les vomissements, la diarrhée et parfois des saignements inexpliqués.

Face à cette situation, des équipes d’intervention rapide ont été déployées dans les zones affectées. Des centres d’isolement ont été installés à Bunia, Rwampara et Mongbwalu. L’OMS annonce également l’envoi de matériel médical, de kits de laboratoire et le renforcement de la surveillance épidémiologique aux frontières et dans les structures sanitaires.

L’organisation internationale insiste aussi sur l’importance de la sensibilisation communautaire afin de lutter contre les rumeurs et d’encourager les populations à signaler rapidement les cas suspects. Des réunions de mobilisation communautaire ont déjà été organisées dans plusieurs localités touchées.

Dans ses recommandations, l’OMS déconseille toutefois la fermeture des frontières et les restrictions générales de voyage ou de commerce entre les pays concernés. Elle estime que de telles mesures risquent de favoriser les traversées informelles non contrôlées et de perturber davantage les économies locales ainsi que les opérations de riposte sanitaire.

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L’organisation appelle enfin les États africains à renforcer immédiatement leurs capacités de surveillance, leurs mécanismes de préparation sanitaire ainsi que les dispositifs de contrôle aux points d’entrée afin d’éviter une propagation régionale de cette nouvelle flambée d’Ebola.

Jean-Luc M.

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