À l’occasion de la Journée mondiale de la langue des signes, célébrée chaque 23 septembre, les acteurs de la défense des droits des personnes en situation de handicap appellent à une meilleure prise en compte des personnes sourdes et malentendantes dans les campagnes de sensibilisation contre les épidémies, notamment la maladie à virus Ebola.
Pour le Dr Monga Kitulo Morkit, de l’organisation Congo Handicap, la langue des signes doit occuper une place importante dans les stratégies de prévention sanitaire afin de garantir l’accès de tous aux informations essentielles.
« Lorsqu’il y a des pandémies ou des épidémies, il ne faudrait que personne ne soit laissé de côté dans la sensibilisation et la prévention », souligne-t-il.
Selon lui, le manque d’informations accessibles peut exposer davantage les personnes sourdes et malentendantes. Les messages portant sur les modes de transmission, les symptômes et les moyens de prévention devraient donc leur parvenir au même moment qu’aux autres membres de la communauté.
Des messages de prévention encore difficilement accessibles
Le principal défi reste l’accessibilité des communications sanitaires. Les campagnes de sensibilisation reposent souvent sur des messages audio ou sur des supports qui ne sont pas suffisamment adaptés aux personnes ayant des difficultés d’audition.
Le Dr Monga préconise notamment le recours à des images, des supports visuels et des interprètes en langue des signes afin de rendre les messages de prévention accessibles à un public plus large.
« La communication mise en place n’est pas adaptée à la communication que ces personnes comprennent. C’est malheureusement l’un des obstacles auxquels elles font face », explique-t-il.
Pour le responsable de Congo Handicap, les autorités sanitaires et les organisations humanitaires devraient également renforcer leur collaboration avec les associations de personnes en situation de handicap.
Ces organisations disposent notamment d’interprètes, de réseaux communautaires et d’outils pouvant faciliter la transmission des messages sanitaires auprès des personnes sourdes et malentendantes.
Prendre en compte tous les handicaps
Le responsable de Congo Handicap appelle également à une prise en compte de la diversité des handicaps dans les programmes humanitaires et sanitaires.
Lire aussi : Ebola en RDC : 7.614 cas confirmés, 1.864 guérisons et 3.676 décès dans sept provinces
Pour lui, les engagements en faveur de l’inclusion ne devraient pas rester limités aux documents de projets, mais se traduire concrètement dans la mise en œuvre des interventions sur le terrain.
« Lorsqu’on met en œuvre un programme quelconque, il faut tenir compte du handicap dans sa diversité », plaide-t-il.
À l’occasion de cette Journée mondiale de la langue des signes, son appel s’adresse ainsi aux autorités congolaises, aux organisations humanitaires, aux bailleurs de fonds et aux acteurs de santé afin qu’ils travaillent davantage avec les organisations de personnes handicapées.
L’objectif est de garantir que les campagnes de prévention, notamment celles liées à Ebola, soient accessibles à tous et que personne ne soit laissé de côté dans l’accès à l’information sanitaire.
