À l’occasion de la Journée mondiale de la gastronomie durable célébrée le 18 juin, des acteurs de la nutrition et du développement à Goma appellent à une plus grande valorisation des produits locaux afin de renforcer la sécurité alimentaire et soutenir l’économie de proximité. Pour eux, le « consommer local » constitue un facteur essentiel pour améliorer la qualité de l’alimentation tout en offrant davantage de débouchés aux producteurs locaux.
Intervenant au cours d’un entretien accordé à La Prunelle RDC, Rachel Mululu, nutritionniste et responsable de l’organisation FUDEI, estime que la consommation d’aliments produits localement et selon les saisons présente de multiples avantages pour les ménages et les agriculteurs.
« Privilégier les aliments locaux et de saison permet non seulement aux familles d’accéder à des produits frais, souvent moins coûteux et plus riches en nutriments, mais cela permet aussi de soutenir directement nos agriculteurs qui trouvent plus facilement des débouchés pour leurs récoltes », explique-t-elle.
Face à la pression démographique et à la diminution des terres cultivables dans la ville de Goma, l’experte recommande le recours à des pratiques agricoles adaptées au contexte urbain, notamment la culture hors-sol, l’utilisation d’engrais organiques et le développement de l’élevage avicole familial.
« Pour renforcer la sécurité alimentaire à Goma, il faudrait encourager la culture hors-sol, privilégier les engrais organiques et développer davantage l’élevage avicole familial », souligne Rachel Mululu.
La nutritionniste encourage également les ménages du Nord-Kivu à valoriser certains aliments locaux aux qualités nutritionnelles reconnues. Elle cite notamment le basilic, riche en vitamine C, l’ail pour ses propriétés thérapeutiques, ainsi que plusieurs aliments dits « constructeurs » tels que les sambaza, le mbogabuchungu, les ignames, les arachides, le soja et les patates douces.
Elle recommande aussi une meilleure utilisation de certaines ressources alimentaires souvent négligées.
« Il faut avoir l’habitude de consommer les feuilles d’haricots, qui sont très riches en vitamines, et veiller à les préparer sans huile, en les agrémentant simplement avec des arachides », conseille-t-elle.
Pour les spécialistes de la nutrition, la promotion de la gastronomie durable constitue un moyen de préserver le patrimoine culinaire local tout en favorisant une alimentation saine, accessible et respectueuse de l’environnement.
Instituée par les Nations unies, la Journée mondiale de la gastronomie durable vise à sensibiliser les populations à l’importance de systèmes alimentaires durables capables de contribuer à la santé, à la sécurité alimentaire et au développement économique des communautés.
