Face à la menace de propagation du virus Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo, plusieurs organisations humanitaires ont lancé des campagnes de sensibilisation communautaire à Kamanyola, dans le territoire de Walungu, afin d’encourager la population à respecter les mesures barrières et à adopter des comportements préventifs.
Dans cette zone déjà fragilisée par les crises humanitaires et sécuritaires, les acteurs communautaires craignent que la désinformation, la peur et le manque de vigilance ne favorisent la propagation de cette fièvre hémorragique hautement contagieuse.
A travers les réseaux sociaux, les sensibilisations de proximité et les messages communautaires, les organisations humanitaires multiplient les initiatives pour informer la population sur les modes de transmission du virus et les gestes essentiels de prévention.
Selon l’ONG Women’s Talking Circle Foundation DRC, le respect strict des mesures barrières demeure aujourd’hui le moyen le plus efficace pour limiter la propagation de la maladie au sein des communautés.
Cicéron Keffa, chargé de communication de cette organisation, appelle la population à faire preuve de vigilance en attendant le renforcement des dispositifs de riposte sanitaire.
« En urgence, nous avons d’abord pris la décision de suspendre toutes les activités qui rassemblaient beaucoup de personnes afin de limiter les risques de contamination. Ensuite, nous avons renforcé les activités de sensibilisation et d’éducation communautaire pour améliorer la compréhension de la population sur cette maladie et les facteurs favorisant sa propagation », explique-t-il.
L’organisation insiste notamment sur le lavage régulier des mains, l’évitement des poignées de main, le port correct des masques de protection ainsi que l’interdiction de consommer de la viande d’animaux non contrôlée par les services vétérinaires.
Au-delà de la prévention sanitaire, les organisations humanitaires cherchent également à lutter contre la peur et la stigmatisation qui commencent déjà à apparaître dans certaines communautés.
« Nous continuons aussi à rassurer la population afin d’éviter la panique et les discriminations envers les personnes suspectées ou affectées », ajoute Cicéron Keffa.
Les acteurs sanitaires rapellent que la maladie à virus Ebola se manifeste généralement par une forte fièvre, une grande fatigue, des douleurs musculaires, des maux de tête et des symptômes digestifs comme les vomissements ou les diarrhées. Dans certains cas graves, elle peut provoquer des hémorragies internes et externes souvent mortelles.
Lire aussi :Sud-Kivu : Ebola face aux élites sans boussole (Editorial)
Madame Byabene Kusinza Aline, médecin infectiologue à l’Hôpital Général de Référence de Panzi, précise que la période d’incubation du virus varie entre 4 et 21 jours, avec une apparition des symptômes généralement observée entre 5 et 12 jours après l’infection.
Elle rappelle qu’une prise en charge rapide augmente considérablement les chances de survie des patients.Les acteurs humanitaires appellent à une mobilisation collective afin de prévenir une nouvelle crise sanitaire dans une région déjà confrontée aux déplacements de populations, à l’insécurité et à la précarité humanitaire.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija.
