Ituri : sept suspects d’Ebola s’évadent de l’hôpital de Mongbwalu après une attaque nocturne

La riposte contre l’épidémie d’Ebola en Ituri fait face à un nouvel épisode préoccupant. Sept patients suspects de la maladie à virus Ebola se sont évadés dans la nuit du dimanche 24 au lundi 25 mai 2026 de l’hôpital général de Mongbwalu, dans le territoire de Djugu, après une attaque menée par un groupe de jeunes venus réclamer le corps d’un pasteur décédé.

L’information a été confirmée par les responsables sanitaires de la zone, qui redoutent désormais une aggravation de la propagation du virus dans la communauté.

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Selon les premières informations recueillies sur place, l’incident s’est produit lorsqu’un groupe de jeunes a fait irruption dans l’enceinte de l’hôpital pour exiger la restitution du corps d’un pasteur présenté comme victime d’Ebola. La tension provoquée par cette intrusion a créé un mouvement de panique au sein du centre de traitement, permettant à plusieurs patients suspects de prendre la fuite.

Le médecin-directeur de l’hôpital général de Mongbwalu s’est dit particulièrement inquiet face aux conséquences de cette évasion sanitaire.

« Je crains qu’avec cette évasion, le grand nombre de cas suspects qui s’est déversé à nouveau dans la communauté, ce soit une bombe pour la population de Mongbwalu », a-t-il alerté.

D’après les autorités sanitaires, plusieurs des personnes évadées avaient déjà obtenu des résultats positifs aux tests de laboratoire, ce qui augmente considérablement les risques de contamination communautaire.

Des équipes de recherche et de surveillance ont immédiatement été déployées afin de retrouver les patients en fuite et les replacer dans les structures d’isolement.

Les responsables de la riposte estiment toutefois que cette fuite serait davantage liée à la peur et à la méfiance envers les centres de traitement qu’à une volonté délibérée d’échapper au suivi médical.

Cette nouvelle évasion constitue le troisième incident du genre enregistré dans les centres de traitement Ebola en Ituri depuis le début de l’épidémie actuelle.

Pour les autorités sanitaires, cette répétition met en évidence les difficultés persistantes dans la sensibilisation des communautés locales ainsi que la faible implication de certains leaders communautaires et religieux dans les activités de prévention.

La gestion des corps des victimes d’Ebola demeure particulièrement sensible dans plusieurs localités touchées, où les pratiques funéraires traditionnelles continuent souvent d’entrer en conflit avec les protocoles sanitaires imposés par les équipes médicales.

Selon les dernières données publiées par le ministère congolais de la Santé au 23 mai 2026, la province de l’Ituri comptait déjà 904 cas suspects, 101 cas confirmés et 119 décès liés à l’épidémie.

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Plus de 1.800 contacts restent actuellement sous surveillance sanitaire dans les zones affectées.

L’épidémie causée par la souche Bundibugyo touche principalement les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara et Bunia.

Face au risque de propagation régionale, notamment vers l’Ouganda voisin, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé cette flambée comme une urgence de santé publique de portée internationale le 20 mai dernier.

Les autorités congolaises, appuyées par leurs partenaires internationaux, insistent désormais sur la nécessité de renforcer la sécurité autour des centres de traitement, mais aussi d’intensifier le dialogue communautaire afin de restaurer la confiance entre les populations et les équipes de riposte.

Mwenge Kake

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