Kamanyola : recrudescence des cas de kwashiorkor chez les enfants

Kwashiorkor au Soudan du Sud
Un enfant et sa mère après un test de malnutrition au Sud-Soudan. Ph. UNICEF

Des structures sanitaires de la cité de Kamanyola, dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu, alertent sur la résurgence inquiétante des cas de kwashiorkor et d’autres formes de malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans. Face à cette situation, les professionnels de santé plaident pour le renforcement des mécanismes de surveillance nutritionnelle et la sensibilisation communautaire afin de limiter la propagation de cette maladie.

Selon les acteurs sanitaires locaux, cette recrudescence s’observe depuis la dégradation de la situation sécuritaire dans la région l’année dernière. Les déplacements massifs des populations, la perte des moyens de subsistance et l’aggravation de la pauvreté ont fortement fragilisé plusieurs ménages, affectant directement l’alimentation des enfants.

L’infirmier titulaire du centre de santé de Kambara, M. Kennedy Masumbuko, explique que le contexte sécuritaire actuel constitue l’une des principales causes de cette montée des cas de malnutrition dans plusieurs villages de Kamanyola. 

« La population compte beaucoup de déplacés et de personnes sans emploi. Cette guerre fait partie des causes principales de la malnutrition chez nous à Kamanyola », affirme-t-il.

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Il souligne également que le manque de sensibilisation au sein des communautés aggrave davantage la situation, plusieurs familles ne disposant pas d’informations suffisantes sur l’alimentation de base adaptée aux enfants.

Pour cet agent de santé, la communauté joue un rôle central dans la lutte contre la malnutrition, notamment à travers l’identification précoce des cas et l’orientation rapide des enfants malades vers les structures sanitaires.

« La communauté est la première à découvrir les malades. C’est pourquoi nous devons continuer à sensibiliser la population sur les conséquences de cette maladie et les moyens de prévention », ajoute Kennedy Masumbuko.

Face à cette urgence nutritionnelle, les structures sanitaires recommandent le renforcement des mécanismes de surveillance communautaire, la sensibilisation préventive sur les bonnes pratiques alimentaires ainsi qu’un suivi régulier des enfants ayant déjà bénéficié d’une prise en charge nutritionnelle.

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Les professionnels de santé appellent également les acteurs humanitaires et les autorités compétentes à soutenir les centres de santé de la zone afin d’améliorer la prise en charge des enfants affectés par la malnutrition dans ce contexte de crise humanitaire persistante.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija.

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