Au Nord-Kivu, la forte dépendance des ménages au charbon de bois continue d’exercer une pression importante sur les ressources forestières, notamment dans les zones proches du parc national des Virunga. Utilisé quotidiennement pour la cuisson, le bois-énergie alimente une demande qui favorise l’abattage des arbres, alors que l’accès à des alternatives énergétiques reste limité pour une partie de la population.
Dans de nombreux ménages, le charbon de bois demeure l’une des principales sources d’énergie pour la cuisson. Cette dépendance contribue à la pression exercée sur les espaces forestiers, notamment autour du parc national des Virunga.
Pour Josué Buha, directeur de la communication de Virunga Energy, le problème est directement lié à la manière dont des millions de personnes répondent quotidiennement à leurs besoins énergétiques.
« Il y a un problème connu de tous : des millions de personnes utilisent des biomasses polluantes pour cuisiner », explique-t-il.
Cette utilisation massive de la biomasse ne représente pas uniquement un enjeu environnemental. Elle soulève également des préoccupations sanitaires liées à l’exposition à la fumée produite lors de la combustion du bois et du charbon de bois.
Des arbres du parc utilisés pour produire du charbon
Dans le secteur sud du parc national des Virunga, les responsables de la conservation observent également les conséquences de cette consommation sur les ressources forestières.
Justin Katenga, chef du secteur sud du parc, établit un lien direct entre les habitudes de consommation des ménages et la pression exercée sur l’environnement.
« Chaque repas préparé avec le charbon de bois a un impact sur notre environnement », souligne-t-il.
Selon lui, une partie du charbon consommé par les populations est produite à partir d’arbres coupés à l’intérieur du parc.
Cette situation contribue à la dégradation du couvert forestier et pose un défi supplémentaire aux efforts de protection de cet espace naturel.
La déforestation, une question aussi énergétique
La lutte contre la production et la consommation du charbon de bois ne peut toutefois pas être dissociée des réalités économiques des ménages.
Pour une partie de la population, le charbon reste une source d’énergie relativement disponible et adaptée aux moyens financiers dont elle dispose. Réduire son utilisation suppose donc de proposer des solutions alternatives qui soient à la fois accessibles, disponibles et adaptées aux besoins quotidiens.
La protection des forêts ne repose ainsi pas uniquement sur la surveillance et la lutte contre l’abattage illégal des arbres. Elle dépend également de la capacité à offrir aux ménages d’autres moyens de cuisiner.
Virunga Energy mise sur la cuisson électrique
Dans cette perspective, Virunga Energy a introduit un cuiseur électrique fonctionnant à l’électricité.
L’équipement constitue une alternative au charbon de bois pour la cuisson et pourrait contribuer, à terme, à réduire la pression exercée sur les ressources forestières.
Mais son adoption dépend de plusieurs facteurs, notamment de la disponibilité de l’électricité et de la capacité des ménages à supporter le coût de cette nouvelle solution.
La question est donc de savoir dans quelle mesure ces alternatives peuvent être adoptées à grande échelle par les populations qui dépendent encore largement du bois-énergie.
Un équilibre à trouver entre protection des forêts et besoins des ménages
La problématique du charbon de bois révèle ainsi une équation complexe dans le Nord-Kivu : protéger les forêts tout en répondant aux besoins énergétiques quotidiens des populations.
Pour les acteurs environnementaux, la réduction de la déforestation passe nécessairement par une diminution progressive de la dépendance au bois-énergie. Mais cette transition ne pourra être durable que si les ménages disposent d’alternatives accessibles et fiables.
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L’enjeu est donc double : préserver les ressources forestières du parc national des Virunga tout en permettant aux populations riveraines d’accéder à des sources d’énergie adaptées à leurs besoins.
Dans cette perspective, le développement de solutions de cuisson alternatives, associé à un meilleur accès à l’électricité, pourrait contribuer à réduire progressivement la consommation de charbon de bois et, par conséquent, la pression exercée sur les forêts.
