À la clôture de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, célébrée du 1er au 7 août, des femmes allaitantes sinistrées de Bushushu et Nyamukubi, installées à Katashola, dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, alertent sur leurs conditions alimentaires précaires. Elles affirment que le manque de nourriture affecte leur santé et rend l’allaitement de leurs nourrissons particulièrement difficile, dans un contexte marqué par la crise humanitaire et sécuritaire dans l’Est de la RDC.
À Katashola, où vivent des familles sinistrées, l’accès à la nourriture demeure un défi quotidien. Pour les femmes allaitantes, cette situation se traduit par une grande vulnérabilité et des difficultés à assurer une alimentation suffisante à leurs enfants.
Dans une interview accordée à La Prunelle FM, Crispin Rushisha, leader communautaire à Katashola-Muhongoza, affirme que plusieurs mères peinent à se nourrir convenablement.
« Les femmes allaitantes peinent quand elles allaitent, elles manquent de lait maternel à cause de la famine. Pour trouver à manger, les mamans sont obligées d’aller faire des travaux durs. Cela cause beaucoup de maladies telles que le paludisme, l’anémie, la malnutrition, la diarrhée », témoigne-t-il.
Selon ce responsable communautaire, des cas de malnutrition sont déjà signalés dans la zone. Pour subvenir aux besoins de leurs familles, certaines femmes sont contraintes de travailler dans les champs pour des rémunérations estimées entre 1.500 et 2.000 francs congolais.
« On mange désormais une fois par jour »
Bernadette, mère de sept enfants dont un nourrisson de six mois, décrit une situation particulièrement difficile.
« Au regard des difficultés que nous traversons ici à Katashola, c’est tellement difficile. Nous n’avons pas de travail, encore moins des champs. Les nourrissons manquent de lait maternel suite à la famine. Chez nous, on mange désormais une fois par jour. À force de manquer de quoi manger, les enfants tombent déjà malades », déplore-t-elle.
Pour cette mère, la priorité reste l’accès à une alimentation suffisante pour elle-même et ses enfants.
La situation est similaire pour Pascaline, mère de huit enfants. Elle explique avoir de grandes difficultés à nourrir sa famille et à assurer correctement l’allaitement de son bébé.
« Avec la faim, le bébé cherche à téter mais je commence à le taper car je n’ai pas la force de l’allaiter. Nous finissons parfois un jour sans manger. J’achète de la farine pour 1.000 francs et des petits fretins pour 500 francs, pour les distribuer aux enfants chacun à la main », témoigne-t-elle.
Ces témoignages illustrent la vulnérabilité particulière des familles déplacées et sinistrées confrontées à l’insécurité alimentaire. La situation peut également exposer les jeunes enfants à des risques accrus de malnutrition et de maladie.
Un appel à l’aide humanitaire
Face à cette situation, les femmes de Katashola lancent un appel aux autorités et aux organisations humanitaires afin qu’une assistance soit apportée aux familles les plus vulnérables.
Elles sollicitent notamment une aide en vivres et en produits essentiels, afin de répondre aux besoins des nourrissons, des mères allaitantes et des autres personnes affectées par la crise.
Pour les responsables communautaires, une réponse urgente est nécessaire afin de prévenir une aggravation de la malnutrition dans cette communauté déjà fragilisée par les déplacements et les difficultés d’accès aux moyens de subsistance.
La situation de Katashola rappelle ainsi que la promotion de l’allaitement maternel ne peut être dissociée des conditions de vie des mères. Dans les communautés touchées par les crises, l’accès à une alimentation suffisante, aux soins de santé et à un environnement protecteur demeure essentiel pour préserver la santé des femmes et des enfants.
La Semaine mondiale de l’allaitement maternel 2026, célébrée du 1er au 7 août, avait pour thème : « L’allaitement maternel pour un départ durable dans la vie : renforcer ce qui fonctionne ».
