Le ministère provincial des Mines, de l’Énergie et des Ressources hydrauliques du Sud-Kivu a formellement interdit toute initiative privée de régularisation dans le secteur minier, dénonçant un « climat de chaos » entretenu par des démarches illégales dans le territoire de Mwenga. Dans une correspondance officielle adressée notamment aux autorités provinciales et sécuritaires, le ministre ordonne l’application immédiate de mesures coercitives pour restaurer l’autorité de l’État.
Dans cette lettre signée à Uvira en 2026, le ministre fustige des initiatives « privées, illégales et unilatérales » menées en marge des institutions officielles, notamment par l’Union des Coopératives Minières du Kivu (UCOMIKI-UNION). Il évoque également des protocoles jugés illicites conclus avec des sociétés étrangères, ainsi que des alertes sécuritaires remontées jusqu’à l’Assemblée nationale.
Parmi les mesures phares, le ministre ordonne l’annulation immédiate de l’ultimatum de 30 jours accordé par l’UCOMIKI-UNION à certaines sociétés à capitaux étrangers. Tous les protocoles signés entre cette structure et des entreprises telles que Kamituga/Lugushwa Mining (SMX SAU), ainsi que les contrats liant des coopératives artisanales comme COMIKIM SCOOPS à des sociétés étrangères telles que International Wan Sheng Sarl, sont déclarés « nuls et de nul effet ».
Le document souligne que l’UCOMIKI-UNION « n’a ni qualité ni mandat » pour agir en tant qu’organe régulateur.
Le ministre insiste également sur le maintien « inconditionnel » de l’embargo sur l’utilisation des machines lourdes dans l’exploitation artisanale, notamment dans les groupements de Banakyungu, Banakabale et Balagi. Il exige l’exécution stricte de l’ordre de mission N°5072/01/2026 visant à arrêter ces engins, avec saisie immédiate en cas de non-respect, sous la supervision de la Police des Mines.
Bien que l’État reconnaisse les droits exclusifs de la société Strategos (SMX SAU) sur ses permis d’exploitation, le ministre met en garde contre toute forme de justice privée. Il interdit toute expulsion ou saisie unilatérale d’engins sans constat préalable des services techniques compétents, notamment la Division des Mines et le SAEMAPE.
Toute action extrajudiciaire sera considérée comme un trouble à l’ordre public, précise le document.
Face aux soupçons de trafic illicite de minerais en provenance de Mwenga vers des zones sous menace rebelle, notamment celles contrôlées par l’AFC-M23, le ministre ordonne la mobilisation des forces de défense et de sécurité (FARDC, PNC, ANR) pour démanteler les réseaux concernés.
Toute implication dans ces flux est passible de poursuites pour financement du terrorisme et haute trahison.
Le gouvernement provincial annonce la reprise du « contrôle exclusif » du secteur minier. Une Table ronde institutionnelle, qui sera convoquée sous l’autorité du gouverneur de province, devra définir les modalités d’assainissement et de régularisation des droits miniers.
