À Bukavu, des professionnels de santé, l’UNICEF et des acteurs communautaires ont insisté sur l’importance de l’allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois et d’une alimentation complémentaire diversifiée pour lutter contre la malnutrition chez les enfants au Sud-Kivu.
La lutte contre la malnutrition au Sud-Kivu passe notamment par le renforcement des bonnes pratiques d’allaitement et de nutrition du nourrisson et du jeune enfant. C’est le message porté ce lundi 17 août 2026 à Bukavu lors d’un café d’information organisé en marge de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel.
La rencontre a réuni des professionnels de santé, des médias locaux, des relais communautaires ainsi que des partenaires de l’UNICEF, dont l’Observatoire des droits humains (ODH). Les échanges ont notamment porté sur l’allaitement maternel, l’alimentation du jeune enfant et la supplémentation en vitamine A.
Selon les données présentées au cours de l’activité, la malnutrition aiguë globale est estimée à 6,7 % au Sud-Kivu, tandis que 58 % des enfants souffrent d’un retard de croissance associé à la malnutrition chronique.
L’allaitement, une responsabilité de toute la famille
Le chef de bureau de l’UNICEF à Bukavu a souligné le rôle des médias dans la sensibilisation des communautés sur les bonnes pratiques nutritionnelles. Il a notamment insisté sur la nécessité d’un soutien familial à la mère allaitante.
Selon lui, l’allaitement maternel ne doit pas être considéré comme une responsabilité exclusivement féminine. Le père et les autres membres de la famille doivent contribuer à créer un environnement favorable.
« En ce qui concerne l’allaitement, ce n’est pas seulement les parents et surtout ce n’est pas la maman. Si le papa ne joue pas son rôle aussi, c’est vraiment un point qui va manquer à toute la famille », a-t-il déclaré.
Cette année, la Semaine mondiale de l’allaitement maternel est placée sous le thème « L’allaitement maternel, un départ durable pour la vie : soutenir et renforcer ce qui fonctionne ».
Au Sud-Kivu, les activités liées à cette célébration s’étendent du 16 août au 16 septembre, avec également un accent mis sur la supplémentation en vitamine A.
Le colostrum présenté comme le premier vaccin naturel

Le docteur Kabwika Lenkwa, du Programme national de nutrition au sein de la Division provinciale de la Santé du Sud-Kivu et facilitateur de la rencontre, a rappelé que le lait maternel constitue l’aliment de référence du nourrisson durant ses premiers mois.
Il a particulièrement insisté sur le colostrum, ce premier lait jaunâtre produit après l’accouchement et riche en éléments nutritifs et en anticorps, qu’il présente comme le « premier vaccin naturel » du nouveau-né.
Le spécialiste recommande ainsi de mettre l’enfant au sein dans l’heure qui suit l’accouchement. Il insiste également sur l’importance d’une bonne position de la mère et de l’enfant ainsi que d’une bonne prise du sein.
Il encourage par ailleurs les mères à laisser suffisamment longtemps l’enfant téter un sein avant de lui proposer l’autre, afin qu’il puisse bénéficier des différents éléments nutritifs du lait maternel.
« Nous encourageons les journalistes à relayer le même message pour que la communauté ait des informations et que les bonnes pratiques soient mises en œuvre », a souligné le docteur Kabwika Lenkwa.
De la vitamine A au mébendazole
La rencontre a également permis de sensibiliser sur la routinisation 2026 de la supplémentation en vitamine A, avec l’introduction du mébendazole pour les enfants âgés de 12 à 59 mois.
Les activités de supplémentation en vitamine A ont débuté le 31 juillet 2026. Elles s’inscrivent dans un objectif commun : donner aux enfants les meilleures chances de survivre, de grandir et de se développer dans de bonnes conditions.
Les professionnels de santé recommandent notamment la mise au sein dans l’heure suivant la naissance, l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois, la poursuite de l’allaitement jusqu’à deux ans ou plus et l’introduction, dès six mois, d’une alimentation complémentaire diversifiée et adaptée aux besoins de l’enfant.
Face aux défis nutritionnels persistants dans la province, les acteurs réunis à Bukavu appellent donc à une mobilisation collective. Familles, professionnels de santé, communautés et médias sont invités à renforcer la diffusion des informations fiables afin que les bonnes pratiques nutritionnelles soient davantage adoptées.




