VIH : l’ONU appelle à accélérer la riposte mondiale pour mettre fin au sida d’ici 2030

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Quarante-cinq ans après l’apparition des premiers cas de sida, l’Organisation des Nations Unies appelle la communauté internationale à renouveler son engagement afin de mettre fin au VIH comme menace de santé publique d’ici 2030. Le message a été lancé lundi à New York à l’occasion d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée au VIH Sida.

Dans une allocution lue par la vice-secrétaire générale de l’ONU, Amina J. Mohammed, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a salué les progrès réalisés depuis le début de l’épidémie, grâce à la mobilisation des personnes vivant avec le VIH, des communautés, des scientifiques, des professionnels de santé et des partenaires internationaux.

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« Le monde a démontré une détermination et une solidarité exceptionnelles », a déclaré António Guterres.

Selon les Nations Unies, les décès liés au sida ont diminué de 70 % depuis leur pic enregistré en 2004, tandis que les nouvelles infections ont fortement reculé grâce à l’élargissement de l’accès à la prévention et aux traitements. Plus de 32 millions de personnes vivant avec le VIH bénéficient aujourd’hui d’un traitement antirétroviral vital.

Malgré ces avancées, l’ONU estime que la pandémie n’est pas terminée et que les objectifs définis dans la Déclaration politique de 2021 restent encore loin d’être atteints.

À la fin de l’année 2024, environ 9,2 millions de personnes ayant besoin d’un traitement contre le VIH n’y avaient toujours pas accès. La même année, 1,3 million de personnes ont contracté le virus et 630.000 autres sont décédées de maladies liées au sida.

Les progrès menacés par les difficultés financières

L’Organisation des Nations Unies s’inquiète également des réductions des financements qui fragilisent les programmes de prévention ainsi que les organisations communautaires, considérées comme essentielles pour atteindre les populations les plus vulnérables.

L’endettement croissant des pays en développement et le recul de certaines protections des droits humains constituent également, selon l’ONU, des menaces pour les acquis enregistrés au cours des dernières décennies.

Pour accélérer la riposte, António Guterres a identifié cinq priorités : renforcer l’accès à la prévention, aux soins et aux traitements ; garantir le rôle central des communautés ; protéger les droits humains ; assurer un financement durable ; et raviver l’esprit de coopération internationale qui a marqué la réponse mondiale au VIH.

Le chef de l’ONU a également insisté sur la nécessité de combattre la stigmatisation et les discriminations qui continuent de favoriser la propagation du virus.

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« Les droits humains et l’égalité doivent continuer à guider notre réponse », a-t-il déclaré, appelant à protéger les personnes les plus exposées à la marginalisation, notamment les personnes LGBTQI+ et d’autres groupes vulnérables.

Préserver les acquis de la lutte mondiale

Cette réunion intervient également dans un contexte de réorganisation de la réponse des Nations Unies au VIH. Dans le cadre de l’initiative ONU80, certaines capacités du Programme commun des Nations Unies sur le VIH Sida (ONUSIDA) seront intégrées au système de développement des Nations Unies afin de préserver et renforcer les efforts déjà accomplis.

Selon António Guterres, cette transition vise à garantir la continuité du soutien apporté aux communautés touchées par le VIH ainsi qu’à préserver la participation de la société civile aux processus décisionnels.

« Les structures peuvent évoluer, mais les Nations Unies ne se retireront jamais de leur engagement à mettre fin au sida comme menace pour la santé publique », a-t-il affirmé.

Depuis 2001, l’Assemblée générale des Nations Unies organise tous les cinq ans une réunion de haut niveau consacrée au VIH Sida afin d’évaluer les progrès réalisés et de renforcer la responsabilité collective des États membres.

La nouvelle Déclaration politique adoptée à l’issue de cette session doit définir les orientations mondiales de la lutte contre le VIH pour les cinq prochaines années.

« Aucun pays ni aucune communauté ne peut mettre fin au sida seul », a conclu António Guterres, appelant les États à agir « avec urgence, solidarité et ambition ».

Jean-Luc M.

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