Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, annonce la mise en place d’une commission d’enquête pour identifier les personnes impliquées dans les tracasseries, les confiscations arbitraires de biens et les perceptions illégales de taxes dans la province. Il prévoit également des mesures pour faciliter la commercialisation légale des minerais et renforcer la sécurité dans les zones concernées, particulièrement dans le territoire de Mwenga.
Ces annonces ont été faites mardi 27 octobre 2026, lors d’une réunion élargie du Conseil provincial de sécurité présidée par le gouverneur à Uvira. Selon sa cellule de communication, les échanges ont porté sur la situation sécuritaire, les difficultés rencontrées par les opérateurs miniers, les arrestations, la circulation des minerais et les tracasseries dénoncées sur le terrain.
La réunion s’est tenue en présence de membres du Conseil de sécurité des Nations unies, en mission dans la région pour s’informer sur les violations présumées du cessez-le-feu et le respect des engagements pris dans le cadre des accords de Washington et de Doha. Une délégation de députés provinciaux du Sud-Kivu, conduite par le président de l’Assemblée provinciale, Feston Kabeza, y a également pris part.
Les élus ont présenté au gouverneur les préoccupations des populations de Mwenga, notamment concernant les arrestations, la circulation des minerais et les tracasseries signalées dans cette zone minière.
Sur la question des saisies de minerais, Jean-Jacques Purusi Sadiki a insisté sur le respect des procédures prévues par la loi. Il a rappelé que les minerais saisis conformément au Code minier et aux instructions légales doivent être présentés aux autorités judiciaires compétentes.
« Lorsqu’il y a des matières précieuses qui sont saisies conformément au Code minier et aux instructions légales en la matière, ces produits et ces personnes doivent être amenés devant l’officier de police judiciaire présent sur place, notamment le procureur. La procédure judiciaire doit être faite correctement », a déclaré le gouverneur.
Il a également mis en garde les services de sécurité et les agents publics contre les confiscations arbitraires de biens, les perceptions illégales de taxes et les fouilles corporelles abusives, particulièrement celles visant les femmes.
Pour lutter contre ces pratiques, le chef de l’exécutif provincial a annoncé la création d’une commission chargée d’identifier les personnes impliquées et promis des sanctions à l’issue de ce travail.
« Nous allons travailler la main dans la main pour identifier ces personnes. Et lorsque ces personnes seront identifiées, elles seront immédiatement mises aux arrêts », a-t-il prévenu.
Des comptoirs miniers et des banques envisagés
En vue de faciliter la commercialisation légale des minerais au Sud-Kivu, le gouverneur a annoncé des démarches pour favoriser l’ouverture de comptoirs d’achat à Uvira, Baraka et Kamituga.
Selon sa cellule de communication, des contacts sont envisagés avec DRC Gold, anciennement Primera Gold, ainsi qu’avec des opérateurs privés intéressés par le secteur.
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L’autorité provinciale a également évoqué des démarches visant à encourager la réouverture des banques à Kamituga, notamment la CADECO, la Trust Merchant Bank (TMB) et la FBN. L’objectif est de faciliter les transactions financières dans cette zone minière et de soutenir les activités économiques légales.
Le renforcement de la présence des forces de sécurité dans les zones concernées figure aussi parmi les mesures annoncées. Cette initiative vise à mieux protéger les populations, à prévenir les tracasseries et à contribuer au rétablissement de l’ordre.
Une conférence sur les minerais et les infrastructures en préparation
Par ailleurs, une conférence consacrée aux minerais et aux infrastructures du Sud-Kivu est prévue dans les deux prochaines semaines, selon la cellule de communication du gouverneur. Elle devrait réunir des coopératives minières, des entreprises du secteur et des investisseurs intéressés par la construction routière.
Les discussions porteront notamment sur la valorisation des ressources minières, les besoins en infrastructures et les possibilités d’investissement susceptibles de contribuer à la reconstruction et au développement économique de la province.
À l’issue de la réunion, Jean-Jacques Purusi Sadiki a salué la démarche des députés provinciaux venus relayer les préoccupations des habitants de Mwenga. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial à collaborer avec les services compétents pour protéger les citoyens, lutter contre les pratiques illégales et veiller au respect de la loi.



