Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé la gratuité de tous les soins de santé dans les structures sanitaires répertoriées par les zones de santé de la province de l’Ituri pendant toute la durée de l’épidémie d’Ebola. La mesure vise à garantir l’accès aux soins et à maintenir le fonctionnement du système de santé face à cette urgence sanitaire.
L’annonce a été faite par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, lors d’un briefing organisé en Ituri. Selon lui, la lutte contre Ebola ne doit pas se faire au détriment de la prise en charge d’autres maladies qui continuent de faire de nombreuses victimes dans le pays.
« Pendant que nous parlons d’Ebola, le paludisme tue. Le paludisme tue plus de 20.000 personnes par an dans notre pays. Il ne faut donc pas que la réponse à cette maladie empêche la continuité des soins liés au paludisme, à la tuberculose et à toutes les autres maladies. Mais si les gens ferment les centres ou ont peur d’y aller parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer, le reste du système de santé ne pourra pas suivre. C’est pour cela que j’ai décidé que, pendant la période de l’épidémie, tous les soins dispensés dans les centres et structures de santé seront gratuits », a déclaré Roger Kamba.
Le ministre a précisé que cette mesure concerne exclusivement les centres de santé répertoriés par les zones de santé ainsi que le personnel soignant officiellement enregistré.
« Parce que nous allons les rémunérer. Cela signifie que tous les cas qui arrivent seront signalés », a-t-il expliqué.
Selon Roger Kamba, cette disposition vise également à inciter les structures sanitaires à signaler systématiquement les cas suspects, plutôt que de conserver les malades sans les orienter vers les centres spécialisés.
« Ce que nous demandons, c’est de référer les malades vers les centres de traitement Ebola. En contrepartie, nous vous donnons les moyens de continuer à prendre en charge les autres patients. Oui, il faut privilégier le traitement dans les centres spécialisés Ebola, mais il faut aussi accompagner les centres privés afin d’assurer la continuité de la chaîne de prise en charge, car certaines personnes s’y rendent sans savoir qu’elles sont atteintes d’Ebola », a-t-il ajouté.
Le ministre de la Santé a également appelé les médecins et les personnels soignants à faire preuve d’une vigilance accrue, soulignant que la maladie ne présente pas toujours des signes spécifiques permettant de l’identifier immédiatement.
Il a recommandé aux prestataires de santé de solliciter les tests de dépistage en cas de suspicion, tout en maintenant les patients concernés en isolement jusqu’à la disponibilité des résultats.
Cette mesure intervient alors que les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir la propagation de l’épidémie d’Ebola en Ituri, principal foyer de la maladie en République démocratique du Congo.
